‹ Histoire de la principauté de DonzèreChapitre 70 sur 122 · Archives de Donzère^ Comptes de 1415 et de · texte numérisé non relu

Archives de Donzère^ Comptes de 1415 et de

OU congrégations populaires, convoquées et présidées par le châtelain ; — assemblées qui avaient lieu dans la rue, et dans les cas urgents, — sauf le jour de Saint- Benoît^ — sans la permission et à l'insu du châtelain ou de tout autre officier du seigneur ; — ce qui constituait, en ce temps-là, un rare privilège dans le droit de réunion.

Chaque année, le 21 mars, jour de la fête de Saint- Benoît {jort dé Sant Benoyt), avait lieu l'élection des consuls et des conseillers.

Après cri public par le crieur ordinaire de la commune, et sur la réquisition des consuls de Tannée précédente, tout chef de famille devait, sous peine de 5 sols tournois, se rendre à ^Assemblée dans le cloître de l'église ou sur la place commune, et là, en présence du châtelain « assis sur un degré de pierre », procéder à la nomination des nouveaux consuls. Un tabellion ou notaire public dressait l'acte de l'élection, pour lequel il lui était alloué 1 florin et 2 gros, et le châtelain qui le sanctionnait recevait, comme don, 8 gros *. Après quoi, les nouveaux consuls élisaient, « suyvant l'ancienne coustume », leurs conseillers « et aultres officiers publics » (l'estimaire, les banniers, les prud'hommes chamyniers), et recevaient de leurs prédécesseurs, les clefs de la Ville, a ensemble la toutelle, charge et administration de la république, et les serments de tous les esleuz, » avec mission de gouverner en la meilleure forme; de « pourchasser le prouffit de la communauté » ; de maintenir et de défendre ses libertés et ses franchi ses; de préserver son territoire tant en deçà qu'au delà du Rhône ; de vendre les blés, les bois, les herbages et

1. Plus tard, en 1425, le don pour le décret du châtelain était de 15 gros.

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tous autres produits du terroir ou des îles ; de garder ou de faire gafder les portes « en temps de regard ou de peste » ; de les faire réparer ainsi que les barri, l'église, l'hôpital, les chemins et les chaussées des rieus (les Riailles et le Volpillac), « et, à la fin de leur office, de rendre bon compte ». Dans Texercice de leurs fonctions, les consuls, comme les magistrats, portaient la robe*.

Alors le Sochet (Souquet) * ou octroi du vin, « la coulpe » du bois de la ville, des Pâtis, des Blaches, les herbages des îles et du terroir ^, le blé du quarantain (lou bla dou carentén) *, et parfois des tailles qu elle s'imposait extraordinairemenl, constituaient les seules ressources de la commune. 11 n'y avait pas encore d'impôts directs.

« Il est rare, dit M. A. Lacroix, de trouver des comptes consulaires anciens dans les archives des communes de la Prôme, et des comptes écrits en patois s. » A ce double titre, ceux de Donzère, qui ont échappé, non sans dommage pourtant, au désastre de 1485 », ne sont pas sans quelque intérêt, en ce qu'ils nous initient à la langue et au « mesnage » d'une petite population dauphinoise au xv* siècle.

1. Un compte de 1491 porte à 10 florins le coût du drap et de la façon de ces robes.

2. Du mot souche^ cep de vigne, autrefois, et même encore aujourd'hui dans les villages, l'enseigne des cabaretiers.

3. Ces herbages étaient affermés, en 1441 ; ceux de « las Ylas à noble Peyre de Montaignes, senhor dou Telh (le Teil), « de la Toussaint à Pâques, pour 3 florins; et ceux « dou T^rrayre aus pastres de Sant-Nazar », de la Toussaint an 1«' mai, pour 24 florins.

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