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maisons destinées à fournir des logements aux gens d'armes de la suite du roi, et à pavoiser les portes, Téglise et le château ; — le roi serait arrivé le 26 ou le 27 avril 4537 * à Donzère, où le cardinal de Tournon qui raccompagnait depuis longtemps, aurait ipso facto ménagé, dans la villa de son frère, l'entrevue, qui valut à Claude de Tournon, — sinon d'être relevé de la condamnation que le Parlement lui avait infligée, en 1524, du moins d'être vengé de la réputation de faux nionnayeur que ses ennemis lui avaient faite.
Claude de Tournon mourut dans son château de Donzère, le 31 mai 1540, ayant reçu de nombreux hommages des seigneurs du Yivarais, et laissant de grandes richesses à l'église de Viviers, qu'il gouverna, ainsi que sa principauté, pendant plus de quarante-deux ans. Son corps fut porté à Notre-Dame du Rhône (plus tard couvent de Dominicaines), où il resta quinze jours exposé. On lui fit de magnitiques funérailles. Sept évêques, tout le clergé de Viviers et du Vivarais (soixante-dix prêtres ou clercs) y assistèrent. Il fut enterré dans l'église cathédrale de Viviers, où, de son vivant, il s'était fait élever un tombeau en marbre sculpté. Après sa mort, on y grava une épitaphe où Donzère avait sa part dans le souvenir qu'elle rappelait des œuvres de ce prince:
et aedes
Struxit eas quse te, Dozera nobllitant !
1. Cependant, note inclinerions volontiers pour la première date (15;h3). C'est, en effet, l'année où le roi, se rendant à Marseille pour le mariage de son second (ils le duc d'Orléans (Henri II) avec la nièce du pape Clément VII (Catherine de Médicis), s*arrôta à Donzère avec « tout son train » suivant l'expression du Mémoire cité plus haut, et y séjourna. On dit même qu'il alla visiter le château de Grignan.
162 HISTOIRE DE DONZÈRE
Plus tard en 1567, pendant les guerres de religion, ce tombeau fut violé et le corps de Claude Touroon, traîné, la corde au cou, par les rues de la ville *. — Tardives et odieuses représailles. Car si, comme prince, il n'avait pas laissé une mémoire sans reproche, le bien qu'il avait fait comme évéque, sa charité envers les pauvres, les veuves et les passants en temps de disette, et les malades, quand la peste sévissait ; ses grands travaux soit pour embellir ou pour fortifier Donzère, soit pour défendre son territoire contre les crues du Rhône, — autant de souvenirs qui devaient préserver ses restes d'un pareil affront.