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Histoire des P^'otestants du Dauphiné, t. II, p

4. Avec cette inscription qu'on y voit encore : in domino confido.

Ses recettes, presque nulles dans les dernières années du XVI® siècle, s'élevaient en 1605 (Pinchinier et Dubost consuls) à 4,308 livres. Plus de passage de troupes qu*à de rares intervalles ; plus de champs ravagés ou foulés, ni de bétail enlevé ; le paysan pouvait labourer et ensemencer, sans crainte de voir son blé coupé en herbe * ; l'artisan travailler, confiant dans le produit de son industrie ; le bourgeois dormir tranquille sans rêver pilleries ni rançons. Chacun vaquait à ses affaires. Comme elle se Tétait promis en 1566, la commune avait son horloge sur la tour du portail Vieil ^. Le bois de la ville revit ses chasseurs, et plus d'une battue y fut faite en l'honneur de Lesdiguières ou de l'évêque. Il y avait alors abondance de gibier. Après un siècle de chasse à Thomme, le gibier, en effet, avait dû multiplier. Cependant, pour se libérer des dettes ou des emprunts contractés dans les mauvais jours, pour solder ses créanciers, — et la commune en comptait plus d'un parmi ses voisins, — elle dut recourir souvent aux octrois, aux tailles, vendre ou affermer l'herbe du cimetière de Saint-Benoit, et le pré de l'hôpital *, vendre même ses marais dits Bavillins, sous

1. Alors le blé se payait i écu et 12 sols le setier (20 ou 25 fr. de notre monnaie).

2. Un compte de 1621 affecte 32 sol» au payement « d'une gravure où estoit despaincte une Donzelle, pour mettre à la cloche » ; — 32 sols une œuvre d'art et par un orfèvre de Pierrelatiel mais si la Donzelle de la cloche ressemblait à celle du sceau de la commune en ce temps-là, œuvre grotesque, s'il en fut, et peutêtre du môme artiste, nous estimons que le prix était plus que raisonnable.

3. En 1592, vente de l'herbe du cimetière de Saint- Ben oïl, ?l Richard pour 3 écus, et du pré de la Charité à Maillet pour 6écus ; en 1598, Jean et Claude Talpenas, consuls, affermèrent l'herbe du cimetière l Esprit Joubert « pour 4 escus et 12 sols, îi l'estime de la chandelle. » [Archives de la commune,)

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les remparts, le long du Rieu *, et disposer du bien des pauvres ; t mais enfin, dit M. A. Lacroix, à force de dévouement et de sacrifices, chacun rentra dans ses avances ».

A son avènement dans la Principauté, en 1573, Jean de l'Hostel, évêque de Viviers, avait, suivant la coutume, reconnu et confirmé les libertés et les franchises de la commune ; mais il parait que le prélat n'était pas d'humeur facile dans les affaires. Non content de prélever la dîme pour la chapelle rurale de Saint- Christol, — « et ce, disait-on, sans y faire aucun service », — il était en procès avec divers particuliers qui avaient enlevé leurs gerbes sans payer le droit du seigneur. De là, des plaintes consignées dans un procèsverbal de visite pastorale par Antoine Ducros, évêque de Saint-Paul, en 1620. Après lachapelle Saint-Christol, la commune: une question de limites ayant surgi et Jean de l'Hostel ne voulant rien céder, les consuls de Donzère parlaient de lui intenter une action : ils durent y renoncer, « à cause des tracasseries qu'il pouvait, disaient-ils, leur susciter ; telles que d'exiger la dîme des agneaux, de casser la vente du bien des pauvres, de faire payer les chevauchées, etc.

Cependant, Tassassinat de Henri IV était venu jeter un certain trouble dans ces jours d'apaisement. Les protestants dauphinois, peu rassurés, recommençaient à s'agiter. Déjà même, en 1621, ils avaient repris les armes du côté de Nyons. Joachim de Suffise, sieur de La Croix, alors capitaine-châtelain de Pierrelatte, reçut le 14 octobre, du commandant de la province (Abel de

1. Cette vente aux enchères eut lieu du 1er an 23 avril 1596. Parmi les adjudicataires étaient . Benoit Richard, Toussaint JouBERT, Jean Suffise, Antoine Biscarrat, etc.

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Bérenger), en l'absence de Lesdiguières, Tordre de lever, « pour le service du roy », un corps de 300 hommes et d'occuper Die, Châleauneuf-du-Rhône, Pierrelatte, Rochegude et Montboucher.

Après son beau fait d'armes à la reprise de Montclimar, Joachim, anobli en J593,vavait dû disputer ses titres de noblesse aux consuls de? Pierrelatte qui en contestaient la légitimité, et que le parlement confirma en 1602, après une enquête. Mais le héros donzérois ne faisait point exception aux capitaines de son temps, plus renommés par leur bravoure que par leur désintéressement. Son père lui ayant laissé un triste exemple par ses comptes de tutelle, il paraît que Joachim ne montra pas plus de régularité dans les siens, au sujet du commandement qu'il avait exercé, et grâce à la protection de Lesdiguières qui le considérait comme « ung de ses meilleurs et anciens amis », on. passa par-dessus les formes, « en raison de ses servi- . ces * »,

Baix et le Pouzin étaient au pouvoir des protestants, etBlacons, qui défendait ces deux places, refusait de les rendre : l'industrie et le commerce de nos contrées en souffraient considérablement, à cause de l'interruption des communications tant par eau que par terre,, entre Lyon et Marseille. Donzère, depuis le 5 octobre 1622, avait, en outre, une garnison de 300 hommes, et l'hiver, cette année-là, était fort rude. Jouberl fut député à Valence par les consuls, auprès de Lesdiguières, avec mission de lui exposer les doléances des habitants, pour qui l'entretien d'une telle garnison était, dans l'état

l. Lettre de Lesdiguières au président de. la cour des comptes (21 mars 1622). . ^g»

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présent, une charge plus qu'onéreuse. — Joubert en rapporta cette répu.ise que le Maréchal, « estant tout à fait résolu d'attaquer Baix et le Pouzin, ^Donzère garderoit sa garnison jusqu'à nouvel ordre ». Mais, disait Joubert, c'est avec beaucoup de peine qu'il avait eu moyen de psirler au Maréchal, à cause de la grande noblesse qui était auprès de lui. — Duc, pair et connétable, il passait, en effet, pour jouer « au roi dauphin w dans son gouvernement du Dauphiné.

Donzère fut plus heureux en 1626 : six chèvau-légers de la compagnie même du maréchal y prolongeaient leur séjour outre mesure ; les habitants, déjà écrasés par un subside à payer à la garnison de Soyons, supplièrent Lesdiguières de les en décharger. Ce qu'il s'empressa de leur accorder, en ordonnant aux chevau-légers de déloger dès le lendemain. Cette ordonnance, datée de Valence le 26 août 1626, ne devait précéder que de quelques jours la mort de ce grand capitaine, non « le renard », comme l'appelait le duc de Savoie, mais« le lion du Dauphiné», comme l'appelle son historien Loys Videl. — Il mourut, en effet, à Valence, le 28 septembre 1626, chargé d'ans et d'honneurs. Il était né, en 1543, à Saint-Bonnet en Champsaur.

Cependant les protestants, sous les ordres de Saint- André, dignefilsdu célèbre Montbrun, tiennent toujours la campagne dans le bas Dauphiné et dans le Vivaràis : tout le Diois est en leur pouvoir ; mais le prince de Condé le reprend en 1627 ; les protestants sont désarmés, et les forts de Nyons, de Die, de Crest, de Soyons et de.Pierrelatte, rasés. Bientôt, Privas, assiégé par Louis XIII en personne, n'est plus qu'un amas de ruines, un « lieu mautlit ».

Donzère était encore sous l'impression du terrible

châtiment infligé à la cité huguenote et du rasement de tant de châteaux forts, derniers refuges de la Réforme dans nos contrées, mais « autant de grains de sable dans les reins de l'Etat », comme disait Guy-Basset, lorsque le 7 juillet 1629, sous le consulat de Jacques Quintin et de Jacques Ibot, la peste qui l'avait déjà plusieurs fois visité y lit de nouveau son apparition. Dès le 29 juin, le conseil de ville où siégeaient, entre autres, Jacques Caramantrand, Charles Faure, Jean Auribel, Jean Suffise, Jacques de Reydon, avait, en prévision du fléau, voté certaines mesures (réparations aux fontaines, barrières aux portes). Mais la commune était si pauvre qu'elle dut emprunter 600 livres à un M. de Roquebrune d'Avignon. Ainsi qu'en d'autres temps, on interna les malades à la campagne, aux roches de Robinet, à Saint-Ferréol, au Planary, etc., où Jean Ibot, chirurgien de Don^ère, assisté de Jacques de Reydon, avait mission de les visiter et de les panser; pendant que des « galopins») ou coureurs (le mot n'était pas pris encore en mauvaise part) faisaient des battues dans les environs, pour veiller à ce que nul pestiféré ne s'évadât de son quartier ^

Une des premières victimes de l'épidémie fut M® Robinon, notaire à Donzère. Son collègue, M« Franjon, notaire royal et tabellion héréditaire delphinal de la ville de Montélimar, vint le suppléer; mais, plus prudent, il résidait sur les rochers de Robinet, au quartier dit des Infest, « Il y fit beaucoup de testaments, mais à 25 ou 30 pas du malade, et ne faisoit pas signer ses actes par les témoins ' ». De leur côté, paraît-il, les prêtres n'officiaient plus dans l'église : on baptisait les

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