Mémoires du chanoine de Bannes
DIX-SEPÏIÈME SIÈCLE 211
d'eux, en effet, ne se présenta, et le 20 novembre, le conseil fit défense « de ne donner ni bailler aucune chose aux passants pour quelle cause cl raison que ce fût, pendant ledit temps, à peine de 30 livres d'amende ». Sept jours après, le 27, M*Franjon signifia, au nom du conseil, la présente délibération : jo à Philippe Fabry, hôtelier de la Croix- B lanche ; 2^ à Alexandre Suffise, hôtelier de Notre-Dame; 3** à Pierre Joubert, hôtelier de Y Ange ; 4® à Jacques Baratier, hôtelier du Cheval-Blanc ; tous, sauf Jacques Baratier, déclarèrent ne vouloir s'y conformer *. Opposition peu justifiée en un pareil moment ; mais en exagérant peut-être — vu la fin de l'épidémie — les mesures de précaution, le conseil avait compté sans l'égoïsme des hôteliers, dont les intérêts avaient plus que souffert pendant les quatre mois de chômage que leur industrie venait de traverser.
Au sortir de ce temps d'épreuves, Donzère n'était pas^ seulement en peine de donner la passade, mais de payer « ses chirurgiens, commis et galopins ». Il y eut, le 30 novembre, assemblée générale des habitants à la porte de la Font, après la crie par Ghabrier, sergent ordinaire de la commune ; il y fut question de vendre les bois et les broutières : mais l'assemblée rejeta cet avis et se borna à voter des mesures, pour qu'il n'entrât encore dans la ville aucun forain venant des lieux infestés '. Ainsi Donzère, aux plus mauvais jours, n'avait pas voulu toucher à son ancien patrimoine (ses biens communaux). Plus tard, il fut moins respectueux.
Soit accident, soit malveillance, l'incendie du temple