Archives de L'église, — Mémoires (^ Aragon
vin, chanvres, agneaux, etc. ; à charge par lesdits syndics ou consuls d'en distribuer le prix tous les ans, le jour de la fête de tous les Saints, « aux pauvres nécessiteux, en présence et avec Tassistance des curés, et cela sans fraude ni concussion. » Or, en fouillant dans les archives de la commune, Aragon disait avoir acquis la preuve que les « consuls disposaient mal du bien des pauvres et laissaient, par leur négligence, dépérir l'église et le cimetière. » Ce qu'il y avait de plus fondé dans ses accusations, c'était, en effet, le mauvais état de l'église : point de vitraux aux fenêtres et les portes étaient ruinées; le cimetière de Saint-Benoît n'ayant ni murailles ni clôture, le bétail y allait paître.
A l'égard de la confrérie des Pénitents, les prétentions d'Aragon allaient jusqu'à vouloir la contrôler, disposer de la chapelle, en avoir les clefs, y faire des services particuliers, présider aux élections, etc. ; mais la confrérie, dont la chapelle était indépendante de l'église, et les statuts, approuvés par l'évêque, n'avait besoin ni du contrôle ni du consentement du curé.
Au syndic du clergé, Aragon refusait de payer les décimes, ne les devant pas, disait-il, vu qu*il supportait les tailles et les demi-lods ; il ajoutait qu'imposer le curé de 2 florins comme on l'avait fait, c'était contraire non seulement au droit canon, mais à l'ordonnance du roi, qui, en fixant les portions congrues à 200 livres, les avait déclarées exemptes de toutes charges. Or il y avait alors trois titulaires : le seigneur évêque de Viviers, pour le prieuré uni à sa manse; le sacristain pour la sacristie des anciens moines, et le curé, seul imposé, à Texclusion des deux autres. « Est-ce, disait Aragon, parce qu'il était le plus pauvre et le plus chargé du bien des âmes? » On lui objectait qu'il possédait des fonds
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comme curé, pour lesquels les décimes avaient été portés au rôle de 1516, fonds provenant des legs d'Alexis Audiguier (3 coins de terre en 1445) ; ce qu'il ne pouvait contester, puisqu'il en percevait le revenu; mais il n'en persistait pas moins dans son refus. La chambre ordinaire et diocésaine de Saint-Paul devant qui l'affaire fut portée, en 1682, condamna Aragon à payer ; il fit opposition, mais il dut consigner et s'en remettre à l'arbitrage de Mgr Rocher, président de ladite chambre. Quant à l'issue de ses différends avec le sacristain, la commune et la confrérie des Pénitents, une lettre de l'évêque de Viviers (Mgr de Suze) aux consuls de Donzère en 1684, la laissait assez pressentir. « C'est un brouillon, leur mandait-il, obligez-le de ne pas s'intriguer de vos afiaires. Il est prévenu de plusieurs crimes dont il est à la veille d'être puni par le jugement qui interviendra *. »
' On dit qu'il fut révoqué, mais qu'ayant fait sa soumission et gracié par le roi, il revint à Donzère, en 1688, et requit les consuls de le replacer dans sa cure. Ceux-ci lui objectèrent que c'était affaire à ses supérieurs et non à eux. Il mourut peu de temps après, laissant pour successeur messire Joseph Galois.
Au fond, cette dispute entre les prêtres de Donzère, au sujet des ofTrandes, n'en révélait pas moins dans l'état de l'église un mal auquel il fallait remédier : le trop-plein du service et l'insuffisance des ressources. C'est ce qu'entreprirent le curé Galois et le sacristain François de Paule Amordès, successeur de Beysson. Ils dressèrent un état des fondations de messes hautes et basses, si nombreuses (près de 400), qu'ils ne pouvaient y suffire ; si