‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 169 sur 570 · LA DONATION I^L'RE ET SIMI'LE · texte numérisé non relu

LA DONATION I^L'RE ET SIMI'LE

généreux se dessaisit d'uno propriété sur Theure et sans conditions en faveur d'un établissement religieux.

Le noyau primitif du patrimoine d"uuo église est le plus souvent issu de semblables libéralités et elles constituent peut-être l'apport le plus considérable à la masse. Pourtant les donations qui, sans imposer aux églises aucune charge, leur procurent la jouissance immédiate d'un bien, ne sont pas, semble-t-il, les plus nombreuses. L'or i»ur de la générosité des tidèles subit le plus souvent l'alliage de nécessités pratiques qui ne sont pas nécessairement viles et sordides. Aux pieux sentiments qu'inspire le ciel se mêlent des soucis terrestres. L'Eglise s'est prêtée avec une extrême souplesse aux desiderata de ses bienfaiteurs, comme elle a su aussi leur faire accepter les conditions qu'elle jugeait nécessaires à la sauvegarde de ses droits et de ses intérêts propres.

En général, le bienfaiteur d'une église souhaite avant tout retenir sa vie durant la jouissance des biens dont il veut faire aumône. A cet égard, la forme du testament romain répond le mieux à des sentiments généreux qui ne vont pas jusqu'à l'esprit de renoncement, au pieux calcul d'une âme vulgaire qui souhaite se racheter et eflf'acer ses fautes en offrant des biens terrestres au jour seulement où ceux-ci ne servent plus. En instituant une église pour héritière, on- ne se dépouille qu'après sa mort.

Mais la donation testamentaire est moins avantageuse aux églises. Le testauient n'est pas irrévocable et l'héritier qu'il institue peut toujours craindre que d'autres dispositions soient prises annulant les libéralités qui lui sont consenties. A la mort du testateur, l'entrée en possession de l'héritage par une église souffre maintes dillicultés. Parfois, c'est le roi qui fait obstacle à l'exécution d'un testament passé en faveur d'une église. Plus souvent celle-ci entre en contestation avec les héritiers naturels du défunt, subit leurs revendications en justice et leurs voies de fait, et pai-fois, pour avoir la paix, est réduite à conclure avec eux une transaction toujours dommageable.

Le testament proi)remeut dit reste pourtant en usage jusqu'à la lin de l'époque fran(jue. Evêques et clercs, qu'ils soient d'origine barbare ou descendent de l'ancienne population gallo-rumaine, lèguent d'ordinaire leurs biens à leur église suivant les formes teslamentair-es régulières '. L'P^glise qui se

1. Ainsi firfnt les évèques de rare gallo-romaine, Césaire (l'.\rles '/fer. héncd., isyy, t. XVI, 1). 100), Didier de Cahors (Scfi2ii. reruin •nevoc., t. iv, p, Gyi i. Xizior

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