‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 170 sur 570 · LE TESTAMENT · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT

réclame de la loi ruiuaiiie en observe natiirelleiiieiit les règles. Au reste le testament rédigé par l'évêque ou par les clercs offrait pour elle une sécurité plus grande que les dispositions testamentaires d'un laïque. L'avoir de Tévéque et celui do réglise sont i)lacés l'un comiiio l'autre et inséparablement sous la défense des saints canons, l'administration en est aux mêmes mains ; l'église jouit en fait du vivant de l'évêque de ses biens patrimoniaux i. Elle se trouve en quelque sorte déjà en possession, partant en bonne posture vis-à-vis des héritiers naturels de l'évêque. Il est à peu près admis qu'elle doit être son légataire universel et les parents de l'évêque ne doivent s'attendre qu'à la délivrance par l'entremise des officiers ecclésiastiques de quelque legs modeste 2. Eprouvant plus rarement préjudice à l'ouverture du testament des évéques et des clercs, elle ne cherchera pas à lui substituer un acte d'une autre facture juridique.

Les églises et les monastères bénéficient aussi quelquefois de donations testamentaires faites par des laïques 'K Mais sans proscrire le testament, le clergé et les moines préfèrent être nantis d'une autre manière. Leurs usages particuliers, qu'ils ne manquent pas de proposer à leurs bienfaiteurs, sont en faveur d'une donation faite entre vifs. Tliéodétrudis eut voulu léguer par testament des biens au monastère de Saint-Denis, mais elle s'est pliée à l'usage du lieu et a rédigé l'acte sous forme de lettres ^.

Le testament, en efï'et, offre d'autant moins de sécurité aux églises qu'il est étranger aux coutumes barbares primitives et répugne à l'ancien droit germanique 5. Celui-ci ne connaissait qu'un seul mode d'aliénation, par tradition entre vifs. Sous l'influence des habitudes romaines, certaines lois barbares ont admis le testament ''. Au VI" et au VII" siècle, on voit des

(le Lyon {Viiae patri/m, \IU, ■<. \t. tv.O'. Maracharius (rAiigouléme {IJist. Franc, V, :iG, p. -i-'S). Cf. L(ENiNG, 02J. cil.., t. II, ]). ti71. Bertrand et Hadoindus du Mans, iloiit, le nom trahit une origine germanique, ont, eux aussi, rédigé leur testament suivant les formes romaines (P.vrdessis, '230 et 300, t. i, p. 197, ii, p. 69\ ainsi (|ue le diacre Griiiio (Beyer, Urhundcnb. d. vnttelrh. Terril., 6, t. i, p. 6) et l'abbé Widéradus (Paruessis, 514, t. ii, p. 323). Cf. Aiffroy, o^j. cit., p. •i-21-i; LiKMNO, (yp. cil., t. II, p. 673.

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