INTÉRÊTS TEMPORELS RECOMMANDÉS AUX SAINTS
mérite de rauniône. Le motil' religieux s'insinue l;i niènie oii un autre domine et il est allégué et proclamé bien haut par qui fait un contrat avec l'église mais entend néanmoins en rester le bienfaiteur '.
Un grand nombre de donations sont faites aux: églises et aux monastères afin d'en obtenir des secours spirituels. On donne aux clercs et aux moines afin qu'ils prient pour leur bienfaiteur, afin que Tévèque ou les prêtres fassent mémoire de lui en célébrant la messe, ou encore afin que le clergé en accordant un lieu de repos au bienfaiteur de l'église auprès des reliques des saints, procure ainsi à sa dépouille mortelle la garantie d'une résurrection glorieuse au dernier jour -.
Par leurs pieuses offrandes, les bicnfaileurs des établissements religieux sollicitent de Dieu et des saints, avec des faveurs d'ordre surnaturel, la protection de leurs intérêts temporels. Les roisse montrent généreux envers les églises parce qu'ils assurent ainsi la paix et la stabilité de leur royaume '^ Quiconque implore l'assistance d'un saint offre à son sanctuaire quelque présent. Mérovée qui a encouru la disgrâce de son père et s'est réfugié dans la basilique de Saint-Martin, dépose sur le sépulcre du bienheureux toutes les richesses qu'il avait apportées, dans l'espoir que le saint rétablira ses affaires ^. Chilpéric et Frédégonde conduisent leur fils malade à Soissons auprès du tombeau de saint Médard et font vœu, s'il guérit, d'offrir au sanctuaire de riches présents. Bien qu'il n'ait pas été entendu du Ciel, Chilpéric fit parla suite de larges distributions aux églises et aux ijauvres "'. Un peu plus tard, Frédégonde fait vœu de donner à la basilique de Saint-Martin de grandes sommes d'argent et obtient ainsi la guérison du jeune Clotaire II '"'.
1. Ceux (lui donnent à une église un bien à condition de jouir en précaire de ce liien et d'une propriété de l'église, déclarent lui faire cette donation pour le remèile de leur àme (Marc, form., II, .39-40, p. 99 et 100;.
2. Cf. plus loin, chap. XV, L'affectation des offrandes, p. 170 et suiv.
3. « Singulariter regiii nostri compendiis et prolixa felicitate.. . conlilcmur augrnenlare quicquid... aecclesiae... serenitas nostra contulerii » (Dipl. de Sigchci-l II iiotir Slacclot, Pertz, il, i). 2:5); •■ In hoc rcgni nostri terrena spacia suli tranquillitate manere censenius... si oportunitatilius ccclesiaruni. .. » (/)0>'- fie ChUdéric II jiour y<>trc-Dame de Spire, 28, p. 27); « Illud ad slaitilitateni rcgni... perdurare crodinius si petitioncs sacerdotum. .. » {JUjil. de Dnijnbert II jiotir Wissembourt/, Ai, p. 11). Clotaire II a permis à lîerlrand du Mans de léguer à un monastère <■ pro regni sui slaliilitatc » les biens qu'il lui avait donnés (P.vr- DEssus, 2:{0, t. 1, p. 200).
4. GuÉiiOiiîK ity. Toriis. Ilisi . l',-ii,n-.. \' . 11. |i ji);