OFFRANDES A CHARGE DE PRIÈRES
Il semble aussi que des offrandes soient faites k Téglise pour alimenter les lampes qui seront allumées auprès du tombeau du donateur. Parmi les bienfaiteurs du monastère de Wissembourg il s'en trouve, en effet, plusieurs qui donnent pour leur luminaire 1. Sans doute, au lieu de charger leurs affranchis, comme c'est l'usage le plus ordinaire, d'entretenir des lumières près de leur sépulcre -, ils prient l'église de remplir à leur égard ce pieux devoir et prennent soin de lui en fournir les moyens.
Les bienfaiteurs d'une église demandent surtout des prières au clergé ou aux moines qui la desservent. Quand un roi fait une largesse à des religieux c'est afin qu'ils puissent, sans souci des besoins corporels, intercéder près du Seigneur pour la stabilité du règne et le salut du pays 3. Cette formule pieuse de chancellerie n'impose aux églises aucune charge. Toutefois il n'est pas sans exemple qu'un évèque, un abbé, fondateur d'un monastère, ait prescrit dans une charte de donation que tel office soit célébré, qu'à telles intentions des prières soient récitées par la communauté. Palladius, évèque d'Auxerre, décide que chaque jour dans les trois basiliques qu'il a élevées, les religieuses du monastère de Saint-Julien assisteront au saint sacrifice; tous les jeudis, elles se rendront processionnellement à la basilique de Saint-Étienne pour y entendre la messe ■*. Saint Yriez adjure les moines d'Attane de célébrer chaque jeudi dans l'oratoire de Saint-Hilaire matines et messe '•>. Mais révêque ou l'abbé qui fonde un monastère, règle à son gré dans sa maison l'ordonnance des prières et des offices. Aucun lien n'est établi entre les fonctions liturgiques prescrites par lui à sa communauté et les donations qu'il lui fait .
Les offrandes des fidèles sont associées aussi à la célébration des saints mystères : celles qui ont une origine et un caractère liturgiques sont spécialement désignées sous le nom d'oblations ^. Au commencement du VP siècle, les fidèles ont conservé encore, en Gaule "', l'usage d'offrir le pain et le vin qui forment
1. «ad lumen meum >> (Zeuss, Tradit. Wizenb., ■24-2-3 i^OO), p. -233-4: -233 (713), p. 2-23, etc.)
•2. Marc, form., II. 17: « liberos... oblala vel luminaria, juxta quod ipsas epistolas continent, ad sepulchra nostra... implere studiant » (Zeimer, p. 87).
3. Dipl. de TÎiicrry IV ijoiir Saint-Bertin (Vektz, 9\, 9-2, p. 81--2). Vn très grand nombre de diplùmes de rois mérovingiens renferment une clause finale conçue à peu prés en ces termes.
4. Charte de Palladius de 634 (Quantix, Cart. de l'Yonne, 4, t. i, p. 9).
5. Testament (.suspect) d' Tries de 573 (Pardessus, 180, t. i, p. 140).