ORIGINE DES FONDATIONS DE MESSES ET DE SERVICES RELIGIEUX
au jour anniversaire du décès '. C'est l'origine des services anniversaires dont, dès le conmiencement du IX" siècle -, on verra les rois et les grands stipuler soigneusement les conditions et l'ordonnance, en vue desquels il sera fait des donations expresses, et qui, dès lors, seront l'objet d'une fondation proprement dite.
Souvent le bienfaiteur d'une église demande que son nom soit inscrit au livre de vie •'-, c'est-à-dire soit sur les diptyques '' des vivants ou des morts ^ dont lecture est faite après l'offer-
coinrriéiiioration de son nom (Hincmak, Vita .y. RciaUjil, 3-2, éd. Kr.i'.scii, Script. rerum merov., t. m, p. 339). Ce faux, pour la confection duquel a été utilisée la formule d'un testament du VII'-VIII" siècle (Krl.sch, p. '24-i), reproduit lexpression usitée à l'époque franque de cnmmemoratio ; l'attrihution d'une sonnne pour la commémoration n'est i)as conforme aux usages de ce temi)s.
1. Les églises et monastères consignaient certainement déjà à l'époque franque la date de la mort de leurs bienfaiteurs ; on ne peut s'explirjuer autrement que les obituaires rédigés plus tard aient pu assigner à la mort de bienfaiteurs tels que Clovis, Dagobert, Charles Martel, une date (jui doit être tenue pour exacte (( f. A. MoLiMER, Obituaires de la jjrov. de Tours, Introd. de M. Longnon, p. xiv-xvii). Dès le "V'III" siècle, les calendriers liturgiques, tables pascales, annales, ont servi à cet usage.
•2. A. Molinier {Les obituaires français au moyen dtjc, p. -27) estimait (|ui' l'usage s'en est introduit sous Charlemagne. Les premières mentions formelles d'anniver-saires ne remontent pas plus haut que le commencement du IX' siècle, mais il semble bien que la conimemoratio annuelle en usage dès la fin du yi' siècle ait déjà quelques-uns des caractères de ces services religieux.
3. Test, de Bertrand, évêque du Mans (615) : « rogo, abba illustris loci illius, ut nomen meuni in libro vitae recitetur » (P.\RDEssfs, -230, t. i, p. 202). A. Molinier {Les obituaires français au moyen âge, p. 22) comprend que l'évéque .sera inscrit sur les diptyques épiscopaux ; mais Bertrand fait cette demande à l'abbé de la basilique de Saint-Germain à Paris; c'est seulement à litre de bienfaiteur que, dans une iiasili((u(! étrangère à son diocè.se, il peut figurer sur les listes récitées à la messe. Le même Bertrand fait un legs à l'église cathédrale Saint-Étienne de Metz, « et nomen meum in libro vilae inscri qui tune temporis pontifex fuerit jubeat » (p. 211). A la basilique des Saints-Apôtres du Mans il lègue un bien que lui avaient donné deux époux, « sic quoque ut nomina illorum in libro vitae in ipsa i)asilica recitentur » (p. 209). — Charte de Théodétrudis (627) : « et pro hujus meriti, nomen meum in libro vitae conscribalur » (Pardessus, 241, t. i. p. 227). — Donation faite par deux époux, Marc, form., II, 4 : « ita ut nomen nostrum in libro vitae conscribantur, vel pro nos uterquae sacrifitium post obitum nostrum pro Domino offeratur » (Zeimer, p. 77). — Charte d'Amalfridus (685) : « nomen nostrum in libro vitae recenseant » (GrÉ- RARD, Cart. Saint-Bertin, p. 30). — Zecss, Tradit. Wizenb., l'.hJ (713): <• ita ut nomen meum in ipso nionasterio in librum vite ponatis vel recensealis » (p. 181) ; 248 (737) : t ui nomen lilii niei .lustini in libro vite conscrilKintur » (p. 240 1 : 15 (739), p. 23. 11 s'agit pi"obablement d'une in.scription aux diptyiiucs des vivants (cf. Molinier, loc. cit.). Vraisemblablement toutefois, le bienfaiieur du monastère de ■V\'issembourg qui donne pour le remède de lame de sou lils Justin fait cette offrande après le décès de celui-ci. L'intention de ces donateurs est d'ailleurs .sans doute qu'après leur mort, leur nom soit récité aus.si au diptyque des défunts. 1. Sur l'origine des diptyques, vr)ir Molinier, Les nbHuaires français, p. '<.
5. Le dipty(iue de l'église d'Arles édité par Mabillon (De liturg. gallic, I, 5, p. 13) et qui appartient sûrement au VI* siècle (cf. Proust, op. cit., p. 333), renferme, après les noms des vivants et avant la commémoration des .saints, les noms des évéques et bienfaiteurs de l'église défunts : n oramus eliam... pro