‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 189 sur 570 · CARACTÈRE PRIMITIF DES FONDATIONS PIEUSES · texte numérisé non relu

CARACTÈRE PRIMITIF DES FONDATIONS PIEUSES

toire de la messe •, soit en marge ou dans les interlignes du sacramentaire - que le célébrant a sous les yeux.

Dans les monastères et dans les églises épiscopales, on tenait à jour les listes des personnes vivantes, religieux, évoques, bienfaiteurs dont mémoire doit être faite '-K On dresse aussi la liste nécrologique des fidèles pour qui sont dues des prières. Le nombre des bienfaiteurs, des associés spirituels des communautés monastiques devint si considérable, qu'au IX'' siècle on se contentera d'inscrire leur nom au jour anniversaire de leur ohitus oti commémoration particulière en sera faite *. L'usage des obituaires permettra de fondre et de régulariser tous les usages qui ont apparu à l'époque franque.

Condition de temps, modalités du service religieux, notion juridique de la charge, exécution rendue obligatoire et attachée au revenu d'un bien déterminé, tout ce qui plus tard caractérise une fondation anniversaire demeure encore imprécis. Le donateur adresse à l'église une simple demande ; il ne fonde pas un oflîce religieux, n'impose pas au clergé ou aux moines le devoir de célébrer une messe, de réciter certaines prières à son intention, de distribuer en son nom des aumônes. Bertrand adonné à la basilique des Saints-Apôtres de nombreux et importants domaines sans songer à grever l'un d'eux de la charge de sa commémoration. Il ne stipule même pas qu'elle sera faite ; il s'attend à cette marque de reconnaissance de la part des moines qu'il a combjés de bienfaits. L'abbesse de Chelles

animalms .. patrum atque institutorum quondam nostrorum, Aureliani, Petri, Florentin!, etc.. Childeberti (le roi, premier du nom), Ullrogotae (la reine, .sa femme)... quos de hoc loco ad te vocare dignatus es. »

1. Primitivement la liste est récitée par le prêtre; comme elle devenait trop longue, le diacre lut les noms et le prêtre ne récita plus que la collecta post nomina (Molixier, Les obituaires, p. 9).

2. A répoque carolingienne, afin d'être sur dêtre compris dans la commémoration, on tenait à avoir son nom gravé sur l'autel ou en marge des feuillets du sacramentaire et on l'y inscrivait soi-même gauchement (cf. Léopold Delisle, Mémoire sur d'anciens sacramcntaires dans les Mém. de l'Acaâ. des inscrijjt., t. XXXII, 1" p., p. 62-3). On trouve des listes de dignitaires et bienfaiteurs dans un sacramentaire de Saint-Denis écrit au milieu du IX' siècle (o^j. cit., p. 10-1) et dans un autre de l'église de Paris qui date de la deuxième moitié du IX' siècle (op. cit., p. 110-150, 37-2; A. Moi.imer, Obituaires de la prov . de Sens, t. I, 1" I'., p. 91).

3. Les listes des monastères rhénans pul)liécs par Piper (M. G., Libri conf rate rnitatuin) ont encore ce caractère (A. Molimer, Les obitvaires/rançais,p.'i-i). La i)arlie la plus ancienne des listes de Saint-Gall est datée par Piper (p. 4) de c. 810; la liste de Reichenau commence vers 830 (p. 147). U,suard composant vers le milieu du IX' siècle l'oljiluaire de Saint-CTermain-de.s-Prés, avait à .sa disposition des listes de religieux et de confrères de ce monastère dont la plus ancienne remontait au temps de l'abbé Lantfredus (737-75) (A. Molixieu, 02>. cit., ji. 22 et Obiluaire de la jiror. de .Sens, t. i, 1" r., p. 211-2).

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