RÉSIDENCES RURALES DES ÉVÈQUES
prier '. A Verdun, un proscrit a cherché asile dans Toratoire de la maison ecclésiastique. Il est lapidé dans ce sanctuaire par les gens du roi Childebert II qui cherche en vain à consoler par des présents révoque consterné de la profanation de son oratoire-'. Dans la domus ecciesiae sont ménagés aussi les magasins qui renferment le trésor, les ornements et vases sacrés (ministeria) de la basilique, la sacristie (sacraîHum 3, salvtdlorluni '', sccrelarium ^').
De quelques évêques contemporains de Fortunat, nous savons qu'ils séjournaient volontiers à la cam[)agne '', dans des résidences ({u'ils entretenaient aux environs de leur cité. Léontius, évoque de Bordeaux, a relevé une villa tombée en ruines à sept milles de la ville épiscopale. Fortunat célèbre les agréments de cette anla, ressuscitée i)ar les soins du prélat ''. Le même évoque a restauré, non loin de Bordeaux, plusieurs autres demeures vantées par le poète ^. Dans les régions jadis aussi civilisées ({ue rAquitaino, l)ien des évèques du VI" siècle sans doute cherchaient à remettre en état quelques-unes de ces résidences, chères aux ])rélats et aux grands personnages gallo-romains, villas dont Sidoine Apollinaire goûtait si fort les charmes ■' et (pii n'ont guère survécu à riîivasion. Les habitations de plaisance dont parle Fortunat ne sont pas, semble-t-il, la propriété de Téglise, mais plutôt le bien patrimonial d'un prélat de noble famille qui s'essaye à restaurer l'ancienne maison de campagne de ses aïeux. Souvent, sans doute, elle a été léguée par l'évèque projjriétairo à son église.
Assez différent apparaît le ca-sfel/iuji élevé par Nizier, évoque de Trêves, sur les bords de la Moselle. Fortunat décrivant cette création de l'évèque rhénan en marque bien le caractère défensif et utilitaire qui ne nuit i)oint à l'agrément de la résidence épiscopale. Nizier a entouré la colline d'une
1. GiiKGOiRE DK ToiKS, Hist. Frroïc, V, 40, p. -210. 'i.Ibid., IX, \-2, p. 3(.W.
.'i. Grégoire de ToiR-s, Hlsl. Franc, IV, l, i>. 11.?: De rirt. s. .hard/ii. III, 17, p. (KiT; Glor. voiifrsx., (Vl, p. 780; 84, p. 80.'. 'i. Ilixt. Franc. VI, II. p. rii". ; VII, •.>•>, i). SC-Î. r>. Ihid.. V, 1^!, p. LMo.
Cl. L.i villa Vcrcijhns. (•cril Fortunal ;i Li'nntius. réclaini" la visilo df son iiKulrc (|iii eu a pris l.nit <lc siiiii : ■• (li)iiiiiiuiii loiigo tiMliporo culla ciipil .> (I, 19, Auct. antiqiiiss , t. iv, r. ])i'i(H", ]). ■.>•,>).
7. « vclnt ailla .scpulia resurgit » (I, 18, De Hntsnnno rilla litirdci.ia'cn.si, j). •,>-,>).
8. I, 20, /'(' l'rrieiHirict) : « (juod pulclira iloiiius. quod grala lavacra iiilescunt, coiisoliilaiMi'iMii le cerinere siuiin » ip. .'Ij); l'.i. De Verei/inis (p. 2-^).
'.I. Cf. plus haut, p. 3.5 et 30.