Cf. FiSTEL DE CoiTLANGES, L'olleu, p
OBLIGATIONS DES AFFRANCHIS VIS-A-VIS l'ÉGLISE 245
Il est souvent aussi astreint à des charges fixées par la charte de liberté ou par le testament du maître, soit celles-là même que le patron lui avait imposées à son profit personnel et dont le bénéfice passe à l'église au jour oii l'affranchi est confié au clergé 1, soit celles que le maître a stipulées en faveur d'une église en afïranchissant un serf -, Il sera tenu à payer une redevance en argent ^ ou en natjire. Les onze affranchis qu'Irmina place sous la défense du monastère d'Echternach acquitteront chacun à Noël pour le luminaire de l'église une livre de cire 4, Un affranchi d'Erminéthrudis fournira le luminaire à l'église de Bondy ; un autre devra travailler avec deux bœufs afin que la basilique parisienne de Saint-Symphorien puisse faire emplette de cire, un autre sera chargé des transports de bois, d'autres apporteront des offrandes ^. Ceux de saint Yriez offriront à Saint-Martin, outre une redevance annuelle, des eulogies chaque mois à leur tour, déposeront sur l'autel quinze pièces d'argent et feront un présent suivant leurs ressources 6. Ceux de Bertrand, évèque du Mans, déposeront leurs offrandes une fois l'an, à l'anniversaire de sa mort, sur l'autel de la basilique des Saints-Apôtres et rempliront vis-à-vis de l'abbé les mêmes services qu'ils rendaient à leur maître au temps où ils étaient serfs '^.
C'était la coutume, nous apprend un concile du ^'P siècle, d'attacher des serfs à la garde du sépulcre de leur maître qui les avait émancipés et en avait laissé le patronage soit à ses héritiers, soit à une église ■"'. Plusieurs formules de inanumissio exigent en effet que le Ithcrtus api)0ite lui et sa descendance des offrandes à la tombe du maître et y entretienne le luminaire '•'. L'évèque Bertrand affranchit un certain
1. Tesl. d'Abhd : <■ volo ni nmni.s liljerti nosU-i, ([nos ...parentes iKistri fecerunl liberos et nos posleti fecinius, ut ad ipsani heredeni nieam ecclesiana sanclo Petro aspiciant et obsefiuiiini et iinpensioneni sicut ad parentes noslros et nobis, ... ad ipsa hercde meain... facere debeant » (P.vrde.ssi.s, 559, t. ii, p. 375).
•->. En 770, Ribaldus adranchit des serfs qu'il placie sous la protection des moines de \Visseni))ourjj à charge dacquitter un cens (Zelss, Tradit. Wlzcnb., 58, p. 73).
3. La charte citée de Wissembourg stipule un cens de 4 deniers; la Fortu. IC.cti-ac. l'J (ZEf.MKR, p. 545), qui est sans doule connue elle de l'èiioque carolingienne, un cens de 2 deniers ; la Fonn. Aî/yicnn. 21 (p. 350) la valeur d'un tiers de sou en cire ou en argent.