‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 276 sur 570 · HOMMES LIBRES QL"I SE DONNENT AUX ÉGLISES · texte numérisé non relu

HOMMES LIBRES QL"I SE DONNENT AUX ÉGLISES

Tréquenté par des troupes de sangliers ; aussi les comtes et soldats goths venaient s'y livrer au plaisir de la chasse; ils empêchaient les travaux des champs et maltraitaient les hommes du monastère. Ces derniers vinrent se plaindre au saint qui se mit en prière, et la fcunUia des moines fut délivrée de la visite des sangliers, partant de celle des chasseurs i.

Aussi n'est-il pas surprenant que des hommes libres se livrent spontanément eux et leurs biens aux églises -. Peutêtre ont-ils voulu devenir les serfs d'un saint ; peut-être aussi ont-ils gardé la condition d'homme libre et vivent-ils comme colons sur les terres de l'établissement religieux. Il n'est pas rare que des hommes soient réduits à faire marché de leur ])orsonne •', vraisemblablement pour acquitter leurs dettes : on peut conjecturer qu'ils demandaient de préférence aux évêques ou aux abbés de les acheter ^. Ceux-là tombaient naturellement dans le servage. Les hommes qui se donnent librement à un saint, ceux qui, contraints de se vendre, souhaitent lui ajjpartenir, ont pu prendre cette décision pour des motifs religieux, mais sans doute la protection qu'assurent les églises à leur familia dans une époque (rins(;curité, a exercé aussi sur eux quelque attrait.

1. VUa ,s. Cacscirii, I. JS (Scri//I. rcri'ni mcroi:., t. m, p. 475-()).

•->. I.c'jcs Aluni.. \. 1 " Si ([iiis liliei' i-cs suas vel semetipsinii ad pcdesiam tradere volut ril, niiUus habeat licenliani comradiccre ei •> {Legef nat. ycnn., {. v, 1). 63). Chili)éric II conlirnie le 29 février 716 les concessions faites par ses prédécesseurs, son aïeul Thierry, ses cousins Clovis, Childeherl el Daf^ohert <• circa il)so sancto loco vel homenis qui se cum subslanlia eoruni ad ipsa liaseleca (Sainl-Dcnis) tradunt vel condfinant » (Pertz, 81, ji. 7-.').

3. Farm. AikIcc, o."», Miidicio (|ni se ipsuin vindii (Zkimek, p. li)-

4. Peut-cIrc le diplôme de Clnlpi'rK- en favi'iir de Sain!-Ppnis fait-il allusion à ces ventes: co/iflo/uirc s'applii|ue ii nnc donalinn, mais IiukIci-c jieut s'entendre dlllli' veille.

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