‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 278 sur 570 · FRANCHISES COMMERCIALES DES ÉGLISES ET MONASTÈRES · texte numérisé non relu

FRANCHISES COMMERCIALES DES ÉGLISES ET MONASTÈRES

possession, dès cette époque reculée, de véritables droits régalions.

Le privilège qui paraît avoir été le plus anciennement octroyé au clergé et aux religieux a consisté en des exemptions d'impôt. A l'époque mérovingienne, les églises sont en principe soumises à toutes les charges publiques ^ mais elles en ont été souvent exonérées dans une mesure et sous des formes qui varient.

Une église ou un monastère obtient quelquefois remise des taxes indirectes, douanes ou péages, perçues par le fisc sur les voyageurs, sur leurs bagages et marchandises, soit dans les ports maritimes ou fluviaux, soit sur les routes de terre.

Ces franchises favorisaient les opérations commerciales du clergé et des moines '^. D'une part, en effet, il leur fallait écouler la part du rendement de leurs grands domaines qu'ils ne consommaient pas •^. Surtout ils achetaient, quelquefois très loin, certaines denrées que leurs terres ne produisent pas, des articles qui n'étaient pas fabriqués dans le pays. Les grandes églises du nord et du centre se procuraient, dans la région provençale, l'huile nécessaire au luminaire 4. Des ports de la Méditerranée leur arrivaient l'encens, les parfums, des épices ^, voire sans doute des étoffes précieuses et les joyaux de l'Orient byzantin Parfois même, il y avait dans un monastère pénurie d'objets de première nécessité : les moines de Corbie étaient obligés d'acheter des cappœ pour se couvrir '^ ; ceux de Jumièges furent, du vivant de saint Philibert, ravitaillés en vêtements et chaussures par un navire venu de Grande-Bretagne

I. Cf. Lœnin'g, Gcscli. d. deiHsclicn Kirchenrcc/U.s, i. ii, p. l-zWZ.

■i. Cf. I.MHAin" DE LA Tour, Des linniunilés vonime relaies accoi-dées ai>x enlises, dans Questions d'histoire sociale et reliyieuse, p. 1.

3 Cf. plus loin, cliap. XXIV, Lexploitation des grands do.mainks s UI.

I. L église (1p Paris aurait eu des iloiuaiiies en Provence >• propler arbores iiliviferas, ad luniiiiaria facierida» {Dipl.de Childcbert ï", récrit au IX' siècle, de Lasteyrie, Cart. ne Paris. 1, t. j, p. 1). Des privilèges royaux assurent aux monastères de Saint-Denis iGesta. Dayob., 18, Scriiit. rerum merov., t. ii, p. 400) et de Corbie (Dipl. de chilpéric //, Levillain, K.raincndes eliartei de Corbie, Pièces juslif., 15, p. -236) leur approvisionnement d'huile à prélever sur les douanes de Marseille et de Fos.

■). rorl)ie prélève ces denrées sur les douanes de Fos {ibid.).

6. Dijjl. de Clolaire ///(Levillain, op. cit.. Pièces jUstif.. -2, j). 310. Le pape Pelage I" donnait ordre d acheter avec le produit des fermages du patrimoniuin provençal de leglise romaine des vêlements destinés à habiller les pauvres de Rome (lipist. Arelat., 49, 53, Kpist merow. aevi, t. i. p. 73 et Té).

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