‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 290 sur 570 · TRACTORIAE DÉLIVRÉES AUX AGENTS DUN MONASTÈRE · texte numérisé non relu

TRACTORIAE DÉLIVRÉES AUX AGENTS DUN MONASTÈRE

divers revenus en nature à prélever sur les douanes de Fos, l'exonère de tous les frais de l'expédition. Tant à l'aller qu'au retour on fournira des vivres, des chevaux aux messagers des moines. Quinze chariots sont mis à leur disposition pour le retour. A chaque relai, voitures et chevaux sont réquisitionnés et les envoyés du monastère ont droit à dix pains, à un niuid de vin et deux de bière et autres victuailles ',

Les églises sont entrées peut-être en possession de droits de marché dans leurs domaines comme elles y ont acquis des péages, en conséquence d'un privilège d'immunité qui interdisait aux agents royaux de venir lever aucune taxe sur leurs terres -.

En général, sans doute, elles entrent en jouissance du tonlieu d'un marché préexistant. L'érection d'un marché nouveau devait être un fait assez rare à une époque où le commerce est peu développé. Il n'est pas sans exemple pourtant qu'il en soit créé sur terres monastiques. Les religieux de Saint-Denis percevaient certainement dès le règne de Ciovis II ^ et probablement déjà du vivant de Dagobert 4, le tonlieu payé par les marchands saxons et autres étrangers à l'occasion d'une foire qui se tenait à proximité de la basilique à la fête du saint martyr. Un marché ouvert auprès du monastère, à l'issue des céré-

1. Dijil. rie Chllpèric II confirmant cehn de Clotaire 11/ fLEviLLAix, 15, p. 230-7; cf. )). 70 et 198). Suivant M. Levillain, Chilpéric aurait ronflrmé la concession faite par son prédécesseur d'une part du tonlieu et accordé par surcroît la tractoria (p. 198), mais le diplôme intUque que Chilpéric ne fait que renouveler l'une et l'autre. M. Levillain a montré (p. 71) qu'il s'agit ici tl'un privilège très spécial par lequel un roi, faisant un présent à un monastère, le lui expédie franco de port. On ne peut en conclure, comme le fait M.lmbart de la Tour (]). 10 et 11), que le roi se charge du iransjjort pour le convpte des moines parce qu'ils n'ont pas encore d'outillage commercial.

2. Aucun diplôme authentique ne stipule expressément que lesfonctionnairesne jjourront venir prélever des droits de marché sur les terres tle l'immuniste. Le diplôme de Childéric II pour Montiérender interdit aux juges i)ublics d'extorquer sur les terres de ce monastère des droits de marché (I'ertz, 31, ji. ;iO): mais celle pièce est un faux (cf. plus haut, p. "218, n. li.).

3. Le diplôme de Childebert III (710), le seul diplôme mérovingien conlirmant ce privilège qui ait subsisté, en attribue, la concession à Ciovis II (Pertz, 77, p. 68).

4. Les Gesta Dayob. (34, Script, rerum merov., t. n, p. 413) rapportent que ce roi a concédé au monastère un marché annuel à la Saint-Denis. La charte de Dagobert qui subsiste (Pertz, Dipl. spuria, 23, p. 141) est un faux plus récent (jue les Gesta (cf. Ivruscii, Script, rerum meror.. t. ii, p. 413, n. 3). Le fait (|ue rénumération des rois qui ont consenti ce privilège commence dans le dil)lônie de Childebert III avec Ciovis II ne prouve pas cpiil faille exclure Dagobert, comme le pense M. Krusch {ih d.). Deux dii>lômes, l'un de Ciovis III, lautre de Chilpéric II, confirment un même privilège en faveur de ^ainl-De^is : or, Chilpéric (Pertz, 82, p. 73) met Dagobert en tête des rois qui l'ont concédé, tandis que Ciovis III (61, p. 54i fait honneur à Sigebert II de cette libéralité.

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