MARCHÉS CONCKDKS AUX ÉGLISES
iiioiiios célébi'éos aiiniiclloiiiont on rhoiineur de son patron, est évideniment d'origine ecclésiastique. Il a im jjrondre naissance spontanément, on raison de l'attinence des pèlerins attirés par la solennité et derrière lesquels arrivent les marchands, à la faveur de l'immunité dont jouissait le monastère et sous la protection du saint. Quand, devenue le rendez-vous de marchands étrangers, la foire fut d'un bon rapport, les moines demandèrent au roi un privilège qui leur en octroyait expressément le tonlieu ' .
La concession n'est [tas attachée au territoire monastique déjà couvert par le privilège d'immunité. Pour jjIus de sécurité le marché l'ut transporté du bourg de Saint-Denis à l'intérieur de la cité parisienne où il se tenait entre la basilique de .Saint- Martin et celle de Saint- Laurent. Il est interdit aux olUciers du roi de rien prétendre sous ce prétexte au tonlieu qu'y prélèvent les agents de Saint-Denis et de percevoir sur les marchands qui se rendent à cette foire aucune autre taxe, soit dans la ville, soit dans le pagus de Paris. Les moines jouirent paisiblement de leurs droits jusqu'au commencement du VHP siècle; le maire du palais et le comte de Paris réclamèrent alors la moitié du tonlieu, mais, en 710, une sentence royale débouta les agents du fisc de leurs prétentions 2.
A l'époque mérovingienne, un nombre considérable d'églises épiscopales, de basiliques et de monastères "^ ont exercé des droits de monnayage dont témoignent, à défaut d'autres do-
1. D'.iiircs les (iexia, Dagoberl a (loiiné au mmiasltTe « annuale inei-catuiu (liioil lit pnsl iCsiiviialom martyruiii i)r()pe idem inonasterium ». L'auteur des (iexta copie i)rubai)leincnl les expre.ssion.s mêuies du diplôme authenti(|ue l)iTdu (luaiul il écril « quod fil », car ou retrouve la uitMiie tournure dans le (lililùmc (If Cliildehert 111. Le roi donne donc un marché ou le (onlieu d'un marché qui existe déjà el qui est assez im|)nr!anl iiour .iiliriT des marchands saxons.
•->. D(j>l de Childcbert IH, p. 08 et 09.
:i. Sur les listes dressées par M. Prou des monnaies mérovingiennes ecclésiastiques conservées au Cabinet des médailles (Mo/i/iaics mérnc, p. liv-lix, cix et ex) figurent les églises épiscopales d'Angers, Bordeaux, Chàlon, Clermonl- Ferrand, Limoges. Lyon, Le Mans, N<^yon, Rouen, Senlis, Sens, Toulouse, Troyes/ les monastères ou ipasili(|uesde Saint-DeniS, Sainte-Croix de Poitiers, Saint-Etienne de Bordeaux, Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Julien de Brioude, Saint-Maixent, Saint-Marcel de Chàlnn, Saint-Martin de Tours, Saint-Martin de Ligugé, Saint- Mari in de la Canourgue, Saint-Maurice d".'\gaune, Saint-Médard de Soissons, S.iint-Mesmin d'Orléans, Saint-Philibert (Jumièges), SaiTit-Pierre de Corbie T? cf. pRor, Hist. i>iont't.. de Corbie, p. 11: Levii.i.ain, Examen des c/iarlex de Corbie, \). 204), Saini-Pierre ilc Mediolano (? .sud-est de la Gaule). Saiut-Yrieix, Saint- Martial de Limoges (lurent, des monnaies de la coll. d'Xmécourt, p. tôSi, peutêtre S;iint-Vaasl d'Arras (ibid., p. 10'.