Tim. ad eccles., loc. cit
VEHTU EXPIATOIRE DE LAIMONE -CO
Le Seigneur n'a lait nôtres les richesses qui sont siennes que pour nous permettre de mériter en les lui abandonnant '. Car laumône, dit TEcclésiaste '^ détruit le péché. Non pas que Dieu accej)te de l'argent i)Our absoudre les criminels comme un juge l)révaricateur et fasse trafic du péché. L'aumonc ne sert point à celui qui se flatte de compenser plus tard ses fautes par ses libéralités, mais elle délivre celui qui s'éveille au bon sens et revient de ses erreurs •'. Aussi laisser ses biens à des étrangers, c'est les préférer à soi-même •*. Qui fait offrande à Dieu, donne à lui-même », donne pour son espérance et son salut ''.
L'argument revêt déjà la forme et prend la valeur péremptoire qu'il gardera pendant tout le moyen âge au bénétice des établissements religieux. Salvien presse le mourant d'abandonner à Dieu son avoir alîn de délivrer son àme des peines éternelles \ La mort qui vient lui interdit de satisfaire k la justice divine par le jeûne, en portant cilice, en se soumettant aux longues épreuves de l'exomologèse ■'* ; il ne peut plus offrir au Seigneur que ses biens avec son repentir '•'. Qu'il prie Dieu d'agréer son oblation tardive lo, non pas avec l'assurance de qui donne bénévolement ou rachète au prix marqué, mais avec l'humilité d'un débiteur qui acquitte la moindre partie d'une dette i>.
Salvien se fait ici l'apologiste de sentiments très répandus et d'habitudes contractées déjà. On a vu qu'au Y'" siècle, les legs que recueillent les églises représentent, aux yeux du clergé, les oblations des morts destinées à procurer rafrai-