VALEUR DU CENS
deniers S une certaine somme d'argent - ; le chiffre était ajouté au gré de qui utilisait le formulaire. L'une d'elles offre un spécimen de valeur fixe : le précariste s'engage à acquitter en faveur du saint, le jour de sa fête, un cens d'une livre de cire -K Une autre décide qu'un don sera fait ce jour-là pour le luminaire du saint *. Parmi les actes de précaire de la lin de l'époque mérovingienne qui nous ont été conservés, plusieurs stipulent comme cens une petite quantité de cire qui sera brûlée dans l'église. Hildradus acquittera pour le luminaire de l'église de Murbacli un cens de cinq livres de cire •''. Hildéfridus, qui a reçu des biens en quinze localités n'en doit que dix livres pour le même objet ^. En 734, l'abbé de Saint-Wandrille a concédé à un comte la jouissance de vingtneuf villae et n'a exigé en retour qu'une redevance de soixante sous d'or ", bien mesquine au regard d'un tel lot de grands domaines. En 730, Wadémérus reçoit en précaire de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés trois grands domaines contre un cens de trente sous payables en argent ■"'. Le comte Adalhardus ne rend au monastère de Wissembourg, pour des propriétés qui appartiennent aussi au type du grand domaine, qu'une livre d'argent et deux charrois par an s.
Souvent sans doute les évéques et les abbés, très préoccupés de garantir contre la prescription les biens dont ils ont la garde, se proposèrent surtout, en exigeant un cens, d'instituer un signe durable et sensible du droit de propriété de l'église ou du monastère. La lettre de précaire ne le protégeait pas suflisamment, puisque les conciles s'élèvent contre les précaristes qui, à la suite d'une longue possession, usurpent les biens ecclésiastiques i". En acquittant un cens, l'occupant
1. Forni. Sal. McrhcL, 5, 6. p. 243; Bionon., 21, |). -230. Cette dernière formule exige aussi une redevance du dixième de la récolte.