LES FRAIS DU LUMINAIRE ET DU CULTE
de Saint-Martin ont cto peints et décorés i. » Saint Lézin, au sortir de l'oflice, disait à l'un de ses. clercs : « Allons voir ce que font nos ouvriers • ». Pour eux le travail ne chômait pas. En action de grâce d'un miracle opéré par le signe de la croix, saint Lézin envoyait l'ordre à ses maçons et charpentiers occupés à construire une église en l'honneur de saint Jean- Baptiste d'en édifier une autre consacrée à la Sainte-Croix ^.
On se préoccupait beaucoup à l'époque niérovingionne d'entretenir dans les églises et basiliques un brillant luminaire. La cire et l'huile produites parles domaines de l'église, payées comme cens par les tenanciers, les précaristes, les affranchis -i, permettaient déjà au clergé et aux moines de préparer les cierges et d'alimenter les lampes qui brûlent devant les autels et les saints tombeaux. Les églises et les monastères reçoivent en outre d'abondantes aumônes qui ont cette destination spéciale. Non seulement petits et grands se font un devoir de piété d'approvisionner l'église de cire et d'huile ; mais le clergé et les moines recueillent des biens-fonds dont le revenu doit leur permettre d'allumer des lampes nombreuses auprès des saintes reliques ^.
La piété des fidèles, de clercs et d'évêques opulents fournit aux églises les vases sacrés, les vêtements liturgiques et tout le mobilier précieux qui sert à la célébration du culte ou qui pare les autels. Une pièce est exécutée parfois aux frais de l'église, plus souvent à ceux de l'évêque ou do (jnelque bienfaiteur laïque '-'.
Ce n'est pas non plus l'église qui fait les frais de la matière du sacrifice eucharistique. Bien que le rite liturgique de l'ofï'rande du pain et du vin disparaisse à l'époque mérovingienne, les oblations apportées par les fidèles en vue de la célébration des saints mystères et pour s'en assurer le profit spirituel, exonèrent le clergé de ces dépens modiques et en l>lace d'une charge lui créent un appréciable revenu '^.
1. Hisl. Franc., X, 31 : <■ arlificuiii nostroriiiu opère "(p. 44y). Ccsaire, èvèque (le Clermont, a lui aussi des équipes d'ouvriers : « uoviuius <[uod... artilires liabercs » {Lettre citée de Didier à cet évèque).
2. Vita s. Licinii, 23 : « Eamus ad arlilii-es imirns vidi'iT quid uperfiiiiip . {Acta sanct., Févr., l. ii, p. 081).