‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 385 sur 570 · DÉPENSES PROPRES DE LÉVÉQUE · texte numérisé non relu

DÉPENSES PROPRES DE LÉVÉQUE

avait prié Didier, évoque de Cahors, de lui expédier une amphore de falerne. Didier lui a envoyé, à titre d'eulogies, dix tonnes de cet excellent vin '.

Quelquefois un prélat généreux adresse à un autre évéque des subsides qui aideront celui-ci à subvenir à ses dépenses 2, ou même fait parvenir à des laïques étrangers au diocèse, des présents qui ont le caractère d'un secours ^ ; ces libéralités se rattachent à l'exercice de la bienfaisance épiscopale et non à la coutume liturgicjue des oulogies.

Les dépenses propres de révoque sont en partie couvertes j)ar son patrimoine. Mais les pontifes du VI^ et du Vil" siècle, qui appartiennent presque toujours à des familles aristocratiques, apportent parfois à leur église, avec le concours insuflisant d'une grande fortune personnelle, la charge de leurs habitudes luxueuses. Déjà à la fin du V siècle, il fallait prescrire aux évoques des Gaules de n'avoir que des meubles de vil prix, une table et un genre de vie modeste K La plupart des prélats de l'âge suivant ne se soumettent plus à ces règles de vie austère. L'épiscopat du VP siècle présente à cet égard tous les contrastes. C'est d'une part saint Césaire qui, sur le siège d'Arles, garde les mœurs du moine de Lérins et ne porte sous les vêtements qui siéent à sa dignité que de misérables hailhms ^. C'est d'autre part Léontius, évoque de Bordeaux, prélat grand seigneur qui se plaît à restaurer des maisons de plaisance, pourvues de bains et de tout le confort des habitations des riches Gallo-Romains ^.

Le luxe de la table est de la part de certains évoques la source de dépenses immodérées. Le biographe de saint Césaire note à sa louange qu'il n'a jamais fait usage de vaisselle d'argent ■'. Il est permis de penser qu'elle ornait la table d'autres

1. s. Desid. cpist., II, H : « de eulogias sanctas » {Kpist. meroiv. aevi, t. i, p. 209).

2.. S. Desid. ci)isi.. I, 7, loUre de Didier à Modoaldus, évêque de Trêves: « Nec solum famuiaiitiuiii oportuna subsidia non pauca misistis, sed etiam et nosmct et expensis et mnncrilms aini)lia?tis » (p. 197).

3. Epist. avsfras., 17, lettre du duo; Dinamiu.s :i Vilicus, évêque de Metz, le remerciant de transmissis exeniis : « stipendiis donetis propriis qui mœnibus inhabitant alienis » (p. 131).

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