‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 386 sur 570 · ENTRETIEN DE LA DOMESTICITÉ ÉPISCOPALE · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DE LA DOMESTICITÉ ÉPISCOPALE

prélats '. Saint Césaire blâme les prodigalités de quelques-uns de ses collègues à l'occasion des repas qu'ils offrent et que l'évoque d'Arles juge somptueux et délicieux à l'excès -'. Tel l'évêque Badégisélus, que Grégoire de Tours nous montre préparant pour célébrer l'anniversaire de son élévation à l'épiscopat un banquet de gala auquel il convie en grande liesse les habitants du Mans 'K Saint Césaire s'interdit de juger ceux de ses confrères qui déclarent n'apporter tant de sollicitude k l'exploitation des domaines de leur église qu'afin de nourrir les pauvres, mais il craint que quelques-uns ne songent moins à pratiquer l'aumône qu'à préparer des festins •*. D'autres s'adonnent aux plaisirs de la chasse. Il a fallu interdire aux évoques et aux prêtres de nourrir une meute ou des oiseaux de proie ^. La demeure d'un évêque doit retentir d'hymnes et non d'aboiements et il ne faut pas que là oîi est chantée la cantilène de Dieu habitent les chiens et les faucons '\

L'évêque vit entouré d'une domesticité composée de clercs et de laïques qu'il lui faut entretenir. La maison épiscopale gouvernée par un intendant ou recteur '• comporte un certain nombre de services confiés à des officiers spéciaux : le chambrier chargé du vestiaire s, le cellérier -^ l'échanson 'o et

1 . Dans le trésor dé Saint-Étienne de Metz (cathédrale) figurait un plat d'argent (Vita s. Arnulfl, 14, Script, rerum mcrov., t. ii, p. 437). Un ministre qui servait la table de saint Priest, évêque de Clermont, a dérobé un « vasculuiii argenteum quod tueri deberat » {VUas. Praejecti, 7, Mabillon. .4 c<o sanct. O. S. B., i. ii, p. 613). Saint Léger fait fondre pour en distribuer au peuple le métal précieux ses plats dargent et ses coupes « discos argenteos reliquaque vasa » {Vita anon. s. Leodegarii, 9, op. cit., p. 657).

2. Admon. : <■ plures sunt qui nimium sumptuosa ac deliciosa convivia praeparantes, dum ibi non parvas expensas faciunt » (Malxory, Saint Césaire, Append., C, p. 304 >.

3. Hist. Franc, VIII, 39 : « aepuluni civibus cuni immensa laetilia praeparasset » (p. 352).

4. Admon. : « si aliqui pro praeparandis conviviis quam pro daiulis eleemosynis terrenae culturae se occupare videantur » (p. 298).

5. Le concile de Saint-Romain-d'Albon, can. IV (Maassen, p. 20), le canon LV ajouté au-x. canons du concile d'Agde (Biuxs, t. n, p. 157) interdisent aux évéîiues et aux clercs de nourrir chiens et faucons. Cf. Thomassin, Ane. et noKv. discipline de l'Église, p. lU, l. lll, c. XLII, éd. A.ndré, t. vu, p. 430.

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