MOYKNS D EXISTENCE DES CLERCS
les ministres qui servent à table K Saint Césaire avait autour de lui un certain nombre de notaires ; son biographe avait rempli cette charge. L'un d'eux devait porter le bâton du pontife "2. Un nombre sans doute considérable de serviteurs, tant laïques que clercs 3 est attaché à la personne du prélat.
De même que les évoques, les clercs ont souvent d'autres moyens d'existence que ceux qu'ils doivent à l'église. Les membres des familles riches ou aisées ne sont plus écartés de la cléricature comme à l'époque romaine par des prohibitions légales ; aussi les clercs de l'époque franque possèdent souvent un patrimoine. Grimo, diacre de l'église de Verdun et qui déclare avoir été nourri par elle 4, était un riche propriétaire; il fondait et dotait un monastère, distribuait par testament à plusieurs pieux établissements des legs considérables ■'. Il n'est pas rare que des donations soient faites à une église, à un monastère par un diacre ou un prêtre '\ Quelquefois leur avoir est le fruit de leur industrie ou provient d'une donation dont ils ont été personnellement les bénéficiaires. Le prêtre de Tours Anastase possédait en vertu d'une charte de la reine Clotilde une propriété qui excitait les convoitises de son évéque, le cupide Cautinus ''. Un grand nombre de clercs sans doute ont un petit bien dont le revenu joint au stipendium ecclésiastique leur procure une honnête aisance *.
En un temps où le clergé ne se recrutait que parmi les humiliores et où le patrimoine des églises à peine naissant ne suffisait pas à nourrir leurs serviteurs, ceux-ci avaient vécu de leur travail. C'est encore la discipline dont témoignent les
1. Vita s. Praejecti, 7 : « quidam ex miiiislris, cui inferre mos erat ipsius cibum...; oflîciales cunctos qui eideni ruinisterio descrvieliant » (Mabili.on, Acta sanct. 0. S. B., t. ii, p. 613-1).
•2. yilas. Caesarii, II, 22 : « clericus cui cura oral baculuui illius porlare, quod notariorum officium erat, in quo ministerio inutilis ego serviebam » (p. 492-3).
3. Test, de s. Césaire : « auricularii mei, lam clerici quam laici » (G. Moarx. liev. bénéd., 1890, t. xvi, p. 102). Levèciue d'Arles veut qu'ils se partagent les vêtements de qualité inférieure (ju'on trouvera dans son vestiaire. Grégoire de Tours parle de ses pueri, tant clercs que laïques {De virt. s. Martini, IV, 9, p. 651). Il en avait déjà à son service (I, 33, p. 004 j, avant d'être évêque de Tours (32, p. 603;.