CLERCS AGRICULTEURS OU COMMERÇANTS
statuts rédigés dans la région d'Arles à la fin du X" siëclte. Ils prescrivent aux clercs de vivre de leur labeur manuel, d'un métier ou de la culture de la terre '. A l'époque mérovingienne, les grands domaines des églises pourvoient à la subsistance du clergé; le travail des mains cesse de lui être commandé," bien qu'il soit encore quelquefois pratiqué. Tel clerc pieux s'}' appliquera, parce que saint Paul en a laissé l'exemple et le précepte. Saint Nizier, avant de devenir évéque de Lyon, alors qu'il était déjà prêtre et bien qu'il fût issu d'une famille aristocratique, travaillait de ses mains avec les valets de sa maison -. Le> clercs qui possèdent un petit champ ou qui ont obtenu de leur église la jouissance d'un coin de terre, le cultivent sans doute eux-mêmes avec l'aide de domestiques. Saint Oustrille, au temps où il était agrégé- au clergé de Lyon, avait l'usage d'une colonica appartenant à l'église et y allait faire la vendange •'. Mais la richesse des églises a élevé leurs ministres, même de rang inférieur, au-dessus de la condition d'un simple artisan.
Il est interdit aux prêtres et aux diacres de se livrer au commerce en vue d'un gain honteux et d'abriter leur négoce sous un prête nom. Mais la règle rappelée en 538 par le concile d'Orléans ^ n'était pas strictement respectée. Un prêtre de l'église de Tours fit le voyage de Marseille pour ses affaires de négoce, au rapport de Grégoire de Tours, qui ne parait pas trouver sa conduite répréhensible ^. Il n'est pas permis non plus aux prêtres et aux diacres de prêter de l'argent à intérêts ou d'exiger en remboursement une somme plus forte que celle qu'ils ont versée ^. Ces prohibitions témoignent que des clercs cherchaient à ajouter à leur solde ecclésiastique les profits d'entreprises jugées déshonnêtes ou peu séantes à leur condition. Si la défense n'est intimée qu'aux clercs majeurs, ce n'est peut-être pas que ces pratiques soient tolérées de la part des membres du clergé inférieur. Le négoce et l'usure supposent des capitaux dont ces derniers sans doute ne disposaient pas.
L'évêque mesurait sans doute ses subventions aux besoins de ses subordonnés. Un clerc fortuné ou laborieux déchargeait