‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 4 sur 570 · Cf. Fournep.et, Oji. cit., p. 89-Ç · texte numérisé non relu

Cf. Fournep.et, Oji. cit., p. 89-Ç

L etabi,issi;ml;nt si'jet de i.a i-hoi-riete 3

y siècle. Le concept chrétien de l'Eglise n'était pas en harmonie avec le statut juridique que la législation civile api)liquait aux églises sans l'avoir élaboré pour elles. Corps mystique du Seigneur ^, épouse du Christ 2, l'Église se distingue de la simple collectivité des fidèles. Cité de Dieu ^, maison du Seigneur *, elle est faite pour les êtres humains qui passent, elle les abrite, elle les sauve ; elle est leur mère -> et leur patrie ^ ; mais elle existe en dehors d'eux, institution sainte fondée par Dieu sur les évoques '. La notion d'un collège formé entre des particuliers ne traduisait pas mieux l'idée qu'un chrétien du IIP siècle se faisait de son église, que celle qu'il se faisait de sa cité. Quand un régime de faveur succéda à celui qui avait méconnu et proscrit les églises, le concept que le droit se fit d'elles s'accorda peu à peu avec ce qu'elles pensaient d'ellesmêmes.

Au corps des chrétiens d'une cité se substitua un établissement ; une personne prit la place de la collectivité, sans qu'aucune disposition législative marquât les progrès et le terme de cette insensible évolution. Le sujet de la propriété ecclésiastique, c'est, au V® siècle, l'institut religieux tenu pour personne morale. Les biens nécessaires à une église n'appartiennent plus à une société de particuliers, c'est l'église même qui possède s. L'évêque a cessé d'être au regard des empereurs le fondé de pouvoir d'une association, il est le représentant et l'administrateur d'un pieux établissement.

Ce concept nouveau, appliqué dès le V* siècle aux églises, détermine à lui seul le sujet de propriété. Les biens ecclésiastiques ont pu, dès l'époque romaine, être dits les biens de Dieu,

1. Kpisl. ad Rom., XII, b ; I ad Cor.., XII, 1-2-3, -27 ; ad Ephes., I, -23 ; Origéxe, Contra Celsum, VI, 48 [Grlech. christl. Schrifi.st., éd. Kœtsciiau, t. 11, p. 119; ; Coinmcnl. in Joan., X, 3.5 (éd. Prelschen, p. 209;.

•2. Epist. ad Epitcs., V, 23-4 ; S. Cyppjex, 'Z>c nnit. ccclcsiac, C(éd. Haktei., Corjt. acript. ccclc.s. lat.,i. m, P. i, ]). -214; ; Oiugène, In yen. homU., III, (i (Migxe, V. G. t. XH, col. 181).

3. Origéxe {Contra Ccls., III, 29, 30, t. i, p. •2-27; compare l'K^lise de Dieu aux assemblées des cités et appelle l'Église « ttôXi; to-j Ôeov ». Il conçoit l'Église sur le type de la cité (Cf. P. Batifkoi,, L'Éyli.sc naissante, p. 387).

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