CHAPITRE XXX Le rachat des captifs
Les églises assistent les coupables qui expient dans les prisons des délits de droit commun ou y attendent l'heure du supplice. L'archidiacre ou le prévôt sera chargé par l'évêque de visiter chaque dimanche les prisonniers. De la maison ecclésiastique on leur portera des aliments. L'évêque désignera un agent fidèle qui leur procurera le nécessaire aux frais de l'église '. La règle qu'Anrélien, évêque d'Arles, écrit pour ses moines, leur ordonne d'envoyer anx pauvres et aux captifs, par l'intermédiaire de leur p)-orisor ou de toute discrète ])ers()nne, l'argent superflu et ce qu'il y aura de trop au cellier ou au vestiaire -'. Lu saint abbé secourt et visite lui-même les jn-isonniers. Sainte Anstrude, abbesse de Saint-Jean de Laon, l)rend soin en personne de ceux qui sont chargés de fers et jetés dans les cachots '■'.
Les prisonniers de guerre qu'on tient enfermés dans une cité tombent à la charge de l'évêque qui quelquefois même devra leur fournir un gite. Lorsque les Francs et les Burgondes eurent levé le siège d'Arles, les Goths vainqueurs ramenèrent dans la ville une multitude de captifs. Saint Césaire ouvre pour les abriter les saintes basiliques ; la maison ecclésiastique même est remplie de ces troupes d'inlidèles et comme les Goths les laissent dans une entière l)énurie, l'évêque leur distribue aliments et vêtements en attendant qu'il les rachète '.
A l'époque franque comme au temps de l'invasion "•, le rachat des captifs (>st l'une des praticpies qui sollicitent le plus
1. Conc. d'Orh'anx de 519, can. XX (Maassen, p. 107). •2. Ren Am>'c;., 44 (Uoi.STKXUS, Codex retiitl.,èi\. Brookie, i. i. p. K>-'). ri. nia s. A/islrifdis, 1 : .. iii carceribus nnrusi.s vel vinculis vinclis p.M-sonalom curani gerehat, » (Maiui.i.on, Acta sanct. (). S. li., t. ii, p. 9.37).
4. Vita s. Cacsarli, I. 3-.' {Scrijit. rcrinn menu-., i m, p. 169).