‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 414 sur 570 · RESSOURCES CONSACRÉES PAR LES ÉVÉQUES AT RACHAT DES CAPTIFS · texte numérisé non relu

RESSOURCES CONSACRÉES PAR LES ÉVÉQUES AT RACHAT DES CAPTIFS

qui garnissent le trésor de l'église. Quand les rancjons acquittées par saint Césaire eurent épuisé les économies faites par son prédécesseur, il vendit encensoirs, calices, patènes, toute rargenterie de son église. On voyait encore, au temps oii écrivait son biographe, sur les corniches et les balustrades do l'église d'Arles, la trace des coups de hache qui firent tomber colonnettes et autres motifs d'argent dont elles étaient décorées ^ Beaucoup blâmaient autour do lui ce vandalisme sacrilège. Saint Césaire demand-ait à ses contradicteurs quelles bonnes raisons pouvaient faire valoii- évoques et clercs qui refusent de sacrifier au rachat des serviteurs du Christ l'or et l'argent insensibles. S'il leur arrivait d'être eux-mêmes prisonniers, ses détracteurs ne désireraient-ils pas être rachetés à un tel prix et taxeraient-ils de prodigalité et d'impiété celui qui les délivrerait aux dépens de l'église ? : « Dieu, qui s'est donné lui-même pour la rédemption des hommes, souffrira, ajoutait-il, que je rachète les captifs avec le métal de ses autels -. » Les conciles francs donnèrent raison au saint évêque d'Arles ; lorsqu'ils défendent d'aliéner et de fondre les vases sacrés, ils exceptent le cas oîi le sort des prisonniers est en jeu •\

Mais ni les revenus ordinaires de l'église, ni la réserve renfermée dans son trésor ne sullisent toujours à payer la rançon des multitudes d'hommes que la guerre civile et la guerre étrangère jettent sur le marché franc. Un évêque se trouve souvent les mains vides, en face de malheureux qu'il faut pourtant arracher à la servitude. Forlunat nous dépeint saint Germain à bout de ressources, triste, anxieux, le visage sombre '. Mais parfois il était intérieurement averti que le Seigneur lui envoyait quelque ressource imprévue ; alors sa face s'éclairait et il disait : « Voici venir de quoi racheter les captifs ».

Les évêques reçoivent en efl'et souvent des aumônes spécialement destinées à leur permettre de délivrer les prisonniers ^. Un saint pontife provoque lui-même ces pieuses libéralités.

Page 1