ASSISTANCE DES PAUVRES
Martin distribuait aux indigents toutes les oUVandos qu'il acceptait, iïiais déjà autour de lui on blâmait son désintéressement préjudiciable aux ministres de son église ^ Au V^ siècle, les charges des églises ne sont plus seulement d'ordre charitable, mais il est admis que les biens ecclésiastiques sont le patrimoine des pauvres, que l'Eglise les possède en commun avec tous les misérables -, que retenir les biens destinés au clergé c'est être homicide des indigents -K Aux yeux de Pomère, le clerc qui, possédant en propre, se fait nourrir par son église est coupable^ parce qu'il absorbe les aliments des pauvres *.
Les Statutn fintiqua témoignent que dans la région d'Arles les églises nourrissaient quotidiennement leurs veuves débiles et quelquefois des religieuses ^. Ces veuves recevaient comme les clercs un stipendium de l'église '^. Il en était de même à Reims où, à la lin du V siècle, des religieuses et des veuves sont inscrites au rôle de l'église ^, à Angers, où l'évoque saint Maurilius procure des aliments aux veuves ^.
Peut-être, auprès des églises, il y a t-il déjà des pauvres et des infirmes, établis à demeure et immatriculés, comme à l'époque franque •'. Les Statuta antiquo prescrivent aux exorcistes d'apporter tous les jours des aliments aux possédés qui ont été amenés dans la maison de Dieu lo. Les églises doivent prendre en particulier à leur charge l'entretien de tous ceux qui ont soulfert pour la foi^'. L'évêque de Reims, Bennadius, fait par testament des libéralités aux pauvres '-. Hilaire d'Arles consacrait toutes ses ressources disponibles à l'en-
I. Dial.. II, I : m, 11. |). isi, •>!•>. Cî. plus liaiil, ii. 7 cl.' la |i. :i8. ■î. Cf. plu.s haiil, |>. 4 l'i 21, 11. i.
:!. Conc de Vaiso/i dr ItJ, can. IV : ■■ ((iia.si esciiliuni necalorcs « (BuiNs, t. ii,
4. De vita contempl., II, 1-2 : « quali pcccato cilws paupcnim praesumendu su.scipiant ■> (Migne, P. L,, t. ux, col. 455).
'). ("an. CI ; . \'i(luae adoli'scentos quae corpore débiles .sunt sumptu ecdesiae (uju.s vidM.ic .suiii .su.sientaiitAir » ; can. Cil : « Ad reatum ei)iscopi perlinel vel pr-cshyteri ((ui parochiae praee.st, si su.stentandae vitae praesentis causa adolescent iores vidiiae vel .sauclimoniales clericorum familiaritatibus suhjiciaiUiir •■ (Bruns, t. i, p. 150). Ce dernier canon nionlre que les églises paroissiales couinie les églises épLsropales ont quelquefois la charge de nourrir des veuves et religieuses.
(j. Can. ClII : " \'iduae (juai' siipcndio ecdesiae susleatanliir ■• {loc. cil.\.
7. Flodoard, Hist. Rem. ceci., I, 9, Testament de Bennadiu.i : « sanctiuionialilius et viduis in uialricula i)ositis solidos 3 ■> (Scrij)t., t. xiii, col. 4-21).
8. S. M.ii.MHiii:K (Vlle siècle), Vdrt s. Maiir., 21 {Arta sinicl.. Sepi., i. iv. p. 71). ;i. Voir iilns loin. Chapil. XXXII. La m \TKiriLK i)i;s p.\i vkks.