‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 430 sur 570 · CHARITÉS ÉPISCOPALES · texte numérisé non relu

CHARITÉS ÉPISCOPALES

Ce n'est [)as que los pontifes s'y dérobent. Us ont à l'époque IVanque rempli etrectivenient la mission qui leur est condée par los canons d'alimenter et de vêtir les nécessiteux. Do beaucoup d'évêques de ce temps il est dit qu'ils furent de généreux dispensateurs d'aumônes K II fallait que les charités épiscopales fussent très abondantes et très ordinaires pour que sous la plume des panégyristes, des biographes, ce devint un lieu commun de les célébrer. Flatteries peut-être à l'adresse de tel prélat, les louanges du poète Fortunat font l'éloge mérité de l'épiscopat franc -. La générosité du pontife envers les pauvres est le thème ordinaire d'une épitaphe épiscopalo •'•. Ce n'est pas seulement vertu personnelle d'un évoque ; la charge de la bienfaisance s'attache à la fonction, se transmet avec elle : « Voici, écrit Fortunat au successeur de Nizier sur le siège de Trêves, que le troupeau nourri par votre i)rédécesseur l'est à présent par vous; c'est vous qui donne/, le pain aux affamés, un toit aux étrangers, le vêtement à ceux qui sont nus » •*. Les dernières volontés d'un évêque renferment à l'adresse de son église et de son successeur la rocomnuindation de prendre soin des* pauvres que lui-même a nourris avec tant de sollicitude "'.

Subvenir aux nécessités des indigents, c'est [xMir l'évêque un surcroit do besogne et une préoccupation constante ''. Le

1. Nizier (Ir [.ymi, DMluialius de lloilcz « elemosinarius » (GK^iniRh; dk Toiïrs, IlLst. Franc, IV, M, p. 170; V, 40, p. -238); Maurilius de Cahors •■ valdt- elemosinarius » (42, p. 233); Salunius d'Embrun, Sag^itlarius de Gap « viderenlur nuni- (|uam cessare... elemosinas exercere » (20, p. 218i ; Quintianus de ClermunL " in olymosinis magnificus » (VUae patvum, IV, 4, p. OTG) ; Abitus de Clerniont •• triliuens pauperibus opem » (Hlst. Franc, IV, 35, p. 170).

■>. Carm., III, 8, l'évêque Félix: a Tu quuque jejunis cibus es, tu panis egenli ilivilias i)roprias in pauperisore recondis » (Aircl- antiquiss., t. iv, p.prior, p. 59); 11, Carentinus, évèque de Colotrnc ; « pauperil)us ribus es, sed et esurienlibus esca » (p. C8) ; 15, Hgidius de Reims : « ((ui satias epulis, pascis et ore grejres » (p. 68); 23, Agéricus de Verdun : « victum largiris egenis » (p. 73); IV, l, Eumérius de Nantes : « pauperibus dives censum transfudit egenis » (p. 80); 3, Tétricus (le Langres ; « esca inopum » (p. 81) ; 5, les Ruricius, cvêqnes de Limoges : 1. i)lurima pauperibus Iribuentes divite censu » (p. 82) ; IX, 0, Sidonius de Mayence : « exulibus domus es et esurienlibus esca ■> (p. 210).

3. Ejiitaphcs de salnl Domain, écéque de Vienne: « Vestitum, pasUim, pouim leclumque ministrat » (Le Blaxt, Inscript, vhrét. de la Gaule, 105, t. ii, p. uO) ; '/(■ Xamatius de Vienne : « Pauper laetus abil, nudus discedit operlus » (425, p. 97); de Marnis d'Arenches : « Pascendo inopes se bene pavit ope, Jejunando cibans alios, sibi parcus edendo, horrea coinposuil quomodo pastor abit ■> (Xoui:. recueil, 441, p. 112). Cf. épitaplies citées, n. 2, d'Eumérius, Tétricus, Ruricius.

1. Fpist. austras., 14 : •■ Grex alilur per te vipc praecessoris,tP panem e»uriens, tectum hospis, nudus amiclum» (Epist. )iiernir. acii, t. i. p. 129). L'abbé F]orianus écrivait à Nizier: « Captives redemis, obpressos sublevas, saturas esurientes .. (0, 1). n'y).

5. Tes!. lU- Didier de Crihtirs. cf. plus loin. p. 377, n. 7.

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