‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 473 sur 570 · X) ORIGINE DE LHÛTELLERIE DES NOBLES, DES PAUVRES · texte numérisé non relu

X) ORIGINE DE LHÛTELLERIE DES NOBLES, DES PAUVRES

OÙ ils seront en âge de faire profession. Ces futuis moines sont les nourris (enutriii) du monastère i. Va\ C93, trois personnages témoignent leur reconnaissance aux moines de Wissembourg qui les ont adoptés orphelins, ont pris soin de leur enfance , les ont nourris de raumone des chrétiens, secourus dans leur indigence - et admis enfin dans la maison de Dieu, c'est-à-dire évidemment à la jjrofession religieuse s. A l'époque franque, le service de l'hospitalité monastique reste rudimentaire. Il ne s'est pas dédoublé régulièrement encore suivant la qualité des hôtes. Plus tard seulement, au IX*^ siècle, apparaîtra V hospitale nohiliurn, service nettement distinct de Vhaspilale ï)auperura 4. Mais déjà dans la pratique les pauvres et les malades ont réclamé des soins que n'exigeaient pas les hôtes en bonne santé et ceux qui ne sont pas indigents. Plus tard à ces derniers sera réservé Y hospitale des nobles qui est issu de l'exercice pur et simple de l'hospitalité ; pour les nécessiteux sera ouvert Vhospitale des pauvres. De ce dernier, la fonction existe déjà en fait dans les monastères francs ; elle est remplie pour les pauvres valides par la niatricula, pour les infirmes et les malades par le ocenodochiura monastique ^.

1. Cf. FoLQLix (X« siècle), Cliartul. SUhiense, I, 16 et 19, éd. Glérard, p. 37-39.

2. Ces trois personnages font pourtant au monastère une donation dont la Taleup n"est pas déterminée. Il s'agit sans doute du petit héritage consistant en une parcelle de terre que des orphelins en bas âge ne pouvaient cultiver et qui neùt pu les nourrir, bien dont les moines ont pris soin et que les propriétaires cèdent au monastère en y faisant profession.

'A. Zelss, Traclit. Wizenb., 38 : « vos d'abbé) vel monachi vestri de nobis in orphanilate vel puerilia nostra integram habuistis curam et nobis pro necessitatibus de elemosina christianorum substinuistis et inopiam nostram suffragastis, insuper in domo Dei collocastis » (p. 39-40).

4. Certains textes (Actus episc. C'enom., 11, Gesta Bertichramni, éd. Bcssox- Ledri;, p. 99 ; Vila s. Agili, 20, Mabillox, Acta sanct. 0. S. B., t. ii, p. 309), signalent dans des monastères à l'époque franque un hospitale nobilium. Mais ces textes témoignent seulement des usages monastiques des IX' et X« siècles. Les A ctus en effet sont du IX' siècle et le testament de Bertrand, qni a été conservé et parle de la fondation du monastère de Saint-Germain (Pardesscs, 230, t. I, p. 202), est muet sur le compte de Vhospitale nobilium et de Vliospilale pauperum dont l'auteur des Actua attribue la création en ce monastère à Bertrand. La vie de saint Ayeul, crue par Mabillon contemporaine, renferme de son propre aveu (p. 30-2) de nombreuses fautes ; elle a été composée à l'aide de la vie de .saint Eustasius (cf. Bceuinger, Sitzungsber. d. Ahad. von Wien, t. xxiii, p. 372 et suiv.).

5. La vie de saint Ayeul((oc. cit.) signale à Rebais k côté de Vhospitale nobilium un abri spécial pour les pauvres qu'elle désigne non par le terme û'hospitale pauperum mais par celui de xenodocliium, d'accord en ce point avec tous les textes contemporains de l'époque franque. A Saint- 'W^andrille, il existe une matrlcula de pauvres et un xenodochium pour les infirmes (cf. plus haut, p. 381, n. 5).

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