‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 501 sur 570 · AVOUÉS DU CLERGÉ ET DES MOINES · texte numérisé non relu

AVOUÉS DU CLERGÉ ET DES MOINES

de représentant attitré et perpétuel de l'église ; elle n'a pas d'avoué à demeure. Quand le prélat ne comparaît pas lui-même, il choisit à son gré et pour chaque affaire son mandataire '. La cause est soutenue au plaid soit par l'archidiacre ^, par des prêtres 3 ou laïques quelconques, attachés d'ordinaire au service de l'établissement ^, mais parfois aussi déjà par un personnage considérable, un rir inttister ^, un ministey'Kilis du roi «, un comte " qui met son crédit à la disposition de l'évoque ou de l'abbé. Quand le prélat est placé sous le mainbour royal, le maire du palais a charge de le défendre, lui et son église ou monastère, partout ou un procès leur est intenté, soit dans le pays, soit au palais '^. Au plaid royal où il est cité et où il comparait en personne, saint Priest, évéque de Clermont, déclare qu'il a commis toutes les causes de son église à la reine Innichilda 9.

Quand une église a de graves intérêts en jeu, elle prend le soin de faire approuver et confirmer par le roi le choix de l'avoué à qui elle les confiera. Les moines de Bèze, qui ont été dépouillés de tout ce qu'ils possédaient et dont les titres de propriété ont été ravis, prient le roi d'ordonner que l'homme illustre Gengulfus soit chargé de rechercher les biens perdus et d'en poursuivre la restitution. Un diplôme royal donne licence à ce personnage de soutenir toutes les causes des moines et de les faire rentrer en possession de leurs biens lo. Mais s'il était

abba vel al^batissa seu advocatus ejus » (Zeimer, p. 66), Dans un diplôme de Pépin de 747 (Pertz, 18, p. 104), Hrodgarius est dit « advocatus sancti Dionisii » ; c'est la première dérogation à l'ancien usage.

1. Cf. F. Senn, L'Institution des avoueries ecclésiastiques, p. 10.

2. L'évéque de Reims, Égidius, a fait revendiquer devant le roi des biens ravis à son église, " agente Sonnatio archidiacono ». Flodoard a vu les préceptes relatant ces jugements {Hist. Rem. eccl., II, 4, Script., t. xiii, p. 45lj.

3. L'évéque de Reims, Sonnatius, revendique des biens « per suos actores, Marco presbytero quoque legato suo causas agente » (5, p. 454).

4. Actores est synonyme de missi, discursores (cf. Dipl. de Clotairc III 2iour Corbie de 661, Levillain, Examen des chartes de Corbie. Append., 2, p. 219) et s'entend de toutes sortes d'agents des églises et des monastères. Cf. plus haut, p. 283, 289.

5. UiiJl. de Clotairc III ijour le monastère de Bèze de 666 (Pertz, 43, p. 41).

6. Dipl. de Childebert III pour Saint-Denis de 695 (Pertz, 68, p. 60).

7. Un comte est dit avoué de l'évéque dans un diplôme de Charles-Martel (Pertz, 12, p. 100), où d'ailleurs il n'est pas question de procès mais d'une simple donation qui fut faite aux mains de Yadvocatiis episcopi.

8. Marc, forra., 1,24 : « causas ipsius ponlifece, aut abbatis vel ecclesiae aut monasterii, vel qui per eum sperare videntur..., tam in pago quam in palatio nostro prosequaere deberit • (Zeu.mer, p. 54). Cf. plus haut, p. 421.

9. Vila s. Praejecti, Il : » se causas ecclesiae Innichildae reginae ditioni commendutas habere » (Mabillo.x, Acla sanct. O. S. h'., t. ii, p. 615).

Page 1