Dipl. de Clotairc III de 666 (Pertz, 43, p
l'ROCÉS ENTRE ÉGLISES ET MONASTÈRES 427
habile d'intéresser le roi à cette longue suite de procès et de faire investir par lui le mandataire du monastère qui les soutiendra, le clergé et les moines n'étaient nullement tenus de demander l'assentiment du roi pour se faire reiirésenter en justice ni de lui faire approuver le choix de leur procureur '.
Les églises envoient dans les régions éloignées où elles possèdent des propriétés exposées à dépérir, des agents qui procéderont à un récolement de leui's biens et de leurs droits 2. Ils doivent faire enquête, dresser la liste des serfs, revendiquer les terres et les hommes dont le clergé a été frustré. Abbo, qui lègue ses biens au monastère Saint-Pierre de la Xovalèze, veut que les agents des moines puissent en tous lieux rechercher les serfs et affranchis qui se sont dispersés à cause des dévastations des Sarrasins 3. En cas de contestation avec un tiers, les agents de l'église devront nécessairement mettre en mouvement les tribunaux ^.
Les prélats ont à se défendre contre leurs iirélentions respectives. Deux établissements se disputent souvent un domaine, alléguant tous deux une donation, un testament, un contrat de vente qui les instituent propriétaires ^. Des contestations s'élèvent surtout entre les églises épiscopales et les monastères ou les basiliques ^, nouveaux venus qui, au détriment des anciennes églises, attirent à eux les libéralités des fidèles
1. MM. Brunncr {Deutsche Rechtsgesch., t. i, p. 304) et Senn (L Institution (les avoueries ecclés., p. 7) estiment qu'il fallait une autorisation royale pour l)erniettre aux abbés (le se faire rpprésenter en justice. Mais les textes cités ci-de.s.sus montrent combien il était fréquent qu'en justice les reHj-MCUX fussent rei)résentés ])ar Yagens du monastère ou Yadrocalus de Tahbé. Ces textes ne signalent jamais une autorisation du roi et M. Senn iloc. cit., n. 7) montre bien (]ue la charte délivrée au monastère de Bèze est en rapport avec la situation exceptionnelle où se trouvent les moines.
■i. S. Desid. epist., II, 7, \><(Kpi!it. meroic. aeii, t. i, p. 206 et -213).
.3. Pardessis, 55'.), t. II, p. 378.
1. Un diplôme de Childebert III relate le jugement qui termine un procès entre les agents de Grimoald, maire du palais, et ceux du monastère de Saint- Denis au sujet d'un farinarius, appartenant à la villa monastique de Lagny et (jui résidait dans un domaine de Grimoald, arrêt (|ui adjuge ce serf aux moines (l'ERTZ, 78, p. 6',)).
5. Procès entre les églises de Reims cl de Ck-rmont (Flodoard. //js<. lioit. eccl., II, 6, Script., t. XHi, p. 150): entre Saint- Wandrille et Jumièges (Vita s. Lantbevtl, 4, Mabii.lon, Acta sanct. O. S. />'., t. m, p. ii, i). 4-21); entre l'abbé de Saint-Denis et un autre abbé {Dipl. de Clovis III de 692, Pertz, 60, p. 54).
6. Procès entre le monastère de Saint-Denis et légli.se de Rouen (Dipl. de cintalvc III, c. 659, Pkrtz, 37, p. 3-1»; entre le même monastère et lévêque du Mans Bérarius agissant en son nom personnel (Dipl. de Clotairc III, c. 658, Pkiuz, 3.5, 1». 33); entre l'église de Reims et Sainl-Julien-de-Brioude (Flodoaru, Hist. Rem. eccl.. II, 6, p. 4551.