‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 517 sur 570 · PROCÈS GAGNÉS OU JUSTEMENT PERDUS PAR LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

PROCÈS GAGNÉS OU JUSTEMENT PERDUS PAR LE CLERGÉ

églises ont été parfois assistées en justice par le bienheureux lui-même. L'abbé de la basilique de Saint-Kloi de .\oyon, qui cite devant le tribunal royal l'usurpateur d'un domaine, est admis, par jug-emont du roi, à jurer que le champ lui appartient. Mais, confiant en la puissance du confesseur, il défère le serment à son adversaire et Tinvite même à le prêter seul, sans l'assistance de co-jureurs. Celui-ci, frappé à mort comme il étend la main sur le sépulcre du saint, n'eut que le temps de crier : « Abbé, reprends possession de ta terre. » '.

Des procès soutenus par les églises contre des plaignants laïques, les seules pièces qui nous restent consignent toujours des arrêts rendus en faveur du clergé ou des moines, ou des transactions qui satisfont les deux ])arties. Les archives ecclésiastiques, les seules dont il subsiste quelques épaves de cette lointaine époque, ne donnaient asile qu'aux jugements qui devenaient pour l'église un titre de propriété. Tel procès même, dont un précepte royal consigne les péripéties avec l'arrêt qui met fin aux débats, paraît bien n'être qu'une fiction destinée k procurer à l'église le titre authentique qui lui faisait défaut ~. D'autre part, les récits que des contemporains nous ont laissés d'actions judiciaires oîi une église est en cause, nous montrent qu'il n'était pas toujours fait droit aux prétentions du cierge et des moines, surtout quand le fisc se portait partie contre eux '-K

Les plaintes qu'on élevait contre les églises devaient être en effet quelquefois fondées. Nous ne connaissons l'histoire de leurs procès que par les pièces qui leur donnent raison et par des récits d'hommes d'église et de moines qui prennent passionnément parti pour les intérêts des saints contre les laïques cupides. Grégoire de Tours ne nous cache pas qu'il est des évêques, ses contemporains, qui recourent au dol et à la violence pour acquérir des propriétés qu'ils convoitent *. Le concile d'Orléans de 511 reconnaît que les plaignants n'ont point toujours tort quand il défend de jeter l'anathènu' sur celui qui, sans insidler ni calomnier l'évêque, revendique un bien retenu par lui ou pai- son église ^'. Un concile de Paris com-

\.-VUa s. Eliijii, U, 58 {Scvlpt, vcmm mcror., t. iv, p. ISO-l).

•2. Cf. plus haut, 1). 4-20.

o. Gricgoirk 1)K Toias, Hist. Franc, VII. •.'•?. p. 305; Glnr. con/css.. ~0, p. 789. La prétciitiou omise i)ar les conciles (cf. plus haut, ji. 133-4) <lc faire respecter les loslainents dos rclujidsi qui ont uo;jlifré les fnrnialilos légales, parait iiKliquor (juo les é}Tlisos ont penlu des procès intentes par les héritiers.

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