ÉGLISES SPOLIKES PAR VOIE JUDICIAIRE
mande aux évoques de restituer au légitime propriétaire les biens qu'ils auraient usurpés K Enfin, les héritiers d'un défunt ont dû souvent avoir pour eux la loi et invoquer des titres juridiques valables, alors même qu'ils s'élèvent contre la volonté expresse de leur parent et sont pour cette raison tenus par l'Eglise pour des spoliateurs et punis de l'anathème -.
Mais il n'est pas douteux que souvent des gens puissants et peu scrupuleux mettent en mouvement les tribunaux afin de dépouiller le clergé plus à leur aise. Grégoire de Tours raconte comment le chambellan Ebérulfus s'y prenait pour déposséder l'église de Tours des biens qu'il convoitait. Il soudoyait quelque misérable homme de paille qui se chargeait d'intenter un procès à l'évèque. Quand le plaignant l'avait emporté, grâce sans doute à l'influence d'Ebérulfus, il lui cédait par une vente simulée le bien enlevé à l'église 3. Fréquemment sans doute les évèques et les abbés ont subi de semblables dénis de justice. Une église indûment dépouillée n'obtient pas toujours gain de cause devant les tribunaux ; un miracle du saint est parfois nécessaire pour lui rendre le bien qui légalement était perdu pour elle '.