‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 531 sur 570 · BIENS CÉDÉS EN PRÉCAIRE A LA PRIÈRE DU ROI · texte numérisé non relu

BIENS CÉDÉS EN PRÉCAIRE A LA PRIÈRE DU ROI

fait, éluder la règle, grâce à la pratique du précaire i. Celle-ci peut dispenser aussi les rois do porter atteinte à la discipline canonique. Ils ne se sont jamais avisés d'obliger un évoque à transmettre la propriété d'un bien ecclésiastique à l'un de leurs serviteurs, car l'évéque n'en a pas le droit et c'est pourquoi, sans doute, les rois ont fait parfois cette largesse eux-mêmes. Mais, sous la pression exercée par le monarque, un évéque, un abbé consentira la jouissance d'un domaine, à titre de précaire, au protégé du roi. Nous savons que la villa de Taverny, appartenant au monastère de Saint-Denis, fut, en effet, accordée dans ces conditions à un laïque, eu égard à la demande d'Ebroin, mort en G8.3, puis, successivement, mise aux mains de deux autres personnages, en raison de l'intervention de Childebert III (695-711) et de Grimoald, mort en 714 -. Peut-être, dès la deuxième moitié du YIP siècle, les rois et les maires du palais qui, peu à peu, les supplantent, ont-ils pris l'habitude d'inviter les chefs des églises à céder jure jrraecario des biens ecclésiastiques aux protégés du jJalatium. Les prélats n'étaient pas libres de se dérober à une prière qui équivalait à un ordre ^.

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