MOINES ÉTABLIS EN VILLE PAR LES ROIS
illustres font affluer les dons, dans les basiliques pour lesquelles sont ouvertes les plus larges perspectives de fortune, des religieux furent d'ordinaire les re])résentants terrestres et les nourris du saint.
C'est vers les villes et près des saints tombeaux que les principaux fauteurs de l'institut monastique, rois et évèques, attirent les moines. P>tablis par leurs soins auprès des basiliques favorites des monarques, à proximité des résidences épiscopales, ils deviendront les clients, les pupilles, les héritiers des plus riches et des plus généreux propriétaires du temps: les rois et les évèques. Pour ces moines citadins s'ouvre ainsi une source presque intarissable de richesse.
Nous ignorons si les basiliques construites dans les faubourgs ou à l'intérieur des villes par Clovis et ses fils furent i)0urvues par eux d'une communauté monastique. Grégoire de Tours rapporte simplement la fondation dans le suburbiiim parisien de la basilique des Saints-Apotres (Sainte-Geneviève) par Clovis et Clotilde ', de la basilique de Saint-^'incent (Saint-Germaindes-Prés) par Childebert -, de la basiliriue, do Saint-Médard ;i Soissons par Clotaire P'' ^'. A i»artir de la deuxième moitié du VP siècle, quand un roi ou une reine construit une basilique, mention est faite aussi (rordiiiairc de moines établis auprès d'elle par le fondateur. Une lille de Thierry T", Théodéchildis ^, a bâti au faubourg de Sens la basilique de Saint-Pierre où elle fut inhumée et en même temps un monastère (Saint-Pierrele-Vif) ^. Gontran établit un monastère en même temps qu'il construit la basilique de Saint-Marcel au faubourg de Châlon °.
Au VP siècle, l'épiscopat surveille attentivement la fondation des monastères ; un nou-vel établissement ne peut s'ouvrir que si l'évoque du lieu le permet ~. Aussi la plupart des créations
1. II, 4:i. |i. Km. ; )\', 1, ]). l'i-i. Cl'. R. Oiakd. KU'iJcs stt,- Sriinte-Genecicrc, \). :> cl i;.
-.'. IV, -,'0, ]). loi). A Arles, ('liil(li'l)i'i'i a cialili iiii iiiuiiasUTc iOrkgoire lk (Jr.vnu, J'jn.si. IX, ■>]!), éd. Hartmann, M. (î. lipixt ., t. ii, p. -203;.
'A. IV, 11», 1). l.">0. Au leinp-s où écrit le liiographc de saiiile lialtiildi'. son cuiiteiiil)orain, Saint-Médard et Saint-Germain des Pré.s (inl des fralrcs (jui vivent <■ .sub sanclo re^lari ordine » [VUa k. lialth., 9, Svri/jt. rcnnn inrrnr., t. il, j). t'.'.'î).
I. Il s'agit non de la femme de Cariliert, mais de la lille de Thierry I" (cf. LoNciNON, Géogr. de la Gaide au Vl' siècle, p. l-.'li.
5. rrirllègc d'KiiDUo (Pardkssus, DiiHnni., liHâ, t. ii, p. li;)j.
0. Frkdkoaire, W, I : " eclesiam beali M.ircelli... suborbanum ('abilonninsim... aedilîcarc jnssii ihiiiin' confrrepatis monachis monasteriiim coiidedit ■> {Script, fcrum iiicror., I. ii. p. l.M) : cotic île Valence de .5K5 (Maasskn, p. 16-2-3) : Gréc.outK nE ToiRS, Gloria mort., 53, p. 5-.'5.
7. l'une. d'Orléans de 511, can. XXII (.Maasskx, p. 7) ; de Sainl-Uoinain-d'A liinn de .5/7, can. X (p. -21). Celle règle a été édictée déjà, en iJl, pur le concile de Chalcédqine (cf. Pœschl, Dos Dlscliofsytd, l. i, p. 81).