‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 95 sur 570 · Cf. Haick, p. 2'Jl et suiv., Dom Besse, p · texte numérisé non relu

Cf. Haick, p. 2'Jl et suiv., Dom Besse, p

AVANTAGES d'UN SITE SOLITAIRE 95

sées par le vent dans des terres en friche où elles peuvent germer et se développer, loin de la Corèt qui les a portées et où il n'y avait guère place pour de jeunes tiges entre les troncs serrés des arbres séculaires.

Les moines qui s'établissent loin des lieux habités ont fait fi des avantages offerts pour la formation et la croissance de leur tein])orel aux monastères ui-bains ou suburbains, mais un habitat différent a procuré aux religieux des ijrofits d'un autre ordre.

A la colonie de moines qui s'est enfoncée dans les solitudes il a été avantageux d'être transplantée en des terres vierges où tout était à créer, mais où la propriété d'un sol quelquefois sans maître et toujours sans valeur a pu très aisément passer entre les mains des religieux, sur un rayon étendu. Un établissement monastique qui s'est trouvé dans de telles conditions — et la plupart les ont éprouvées dans une mesure plu sou moins large — a drainé toutes les richesses latentes du pays. La première croissance n'a point été gênée par des voisins laïques ou ecclésiastiques, et quand il en a rencontré, il avait élargi déjà autour de lui un vaste territoire domanial. Ces ruches monastiques ont pu paisiblement construire le rayon de miel qui les alimentera pendant plusieurs siècles. Au delà de la petite exploitation agricole conquise souvent par le travail des moines et qui fut le noyau de leur temporel, se forme un péricarpe épais et savoureux. Ces établissements échappent pour autant à l'atteinte des lois de dispersion et d'émiettement, qui, on le verra, ont présidé à la constitution du temporel ecclésiastique.

Un grand nombre de monastères ont été fondés dans des forêts 1. Quand, souvent à une époque tardive, on écrit la vie du saint fondateur dont quelquefois on ignore tout, c'est un thème obligé ({ue de le montrer s'enfonçant dans une fiilva sauvage et y bâtissant une hutte de branchages. La forêt fournit aux moines le bois dont est construit leur première habitation. Ces solitaires ont librement défriché des espaces boisés qui appartiennent au premier occupant "-. Quand le sol a

1. SaiiU-Clauilc et Suiul-Lui)iciii (cf. plus liaul, p. h3j ; .Jumiéges et Saiiit- WandriHe (p. œ^ ; Slavelol el Malmédy (p. W; : Saiiil- Valéry (plus loin, p. y»); les iiionastères fondés jiar saint Lonier (p. 9iy, saint Thierry (p. 88), saint Vulniar (Sanier, Vita s. Vulmari, .i, Mahillon, Acta sancl. O. S. B., t. ni, V- i, p. 130), sainte Herlinde (Maaseyk, Vita s. Herlindia, 7, ibld., p. 610j, saint Ebroux (Mabillon, a an. IScned., VI, 13, t. i, p. 134), saint Aniand (XII, 5y, p. 341), saint Josse (5-2, p. 337j, saint Kifjuier (Forestniontiers, XIII, 13, p. 3â9j.

'?. GuKOOiRE UK Toi us, Vitae jjdtruiii, de s. Roniano, Lupicino, 3 : " succisis silvis el in plana ledaclis ••, ]) OOô. Cf. uo.m Bi;noit, HLit. de s. Cluudc, t. i, \). V)i.

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