‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 97 sur 570 · AVANTAGES NATIRELS OU SITE DES MONASTÈRES · texte numérisé non relu

AVANTAGES NATIRELS OU SITE DES MONASTÈRES

mérovingienne, ils commencent à tirer parti, à la faveur surtout des immunités et franchises qu'ils obtiennent des rois, grâce aussi aux stations navales, aux ports de relâche, aux péages qui leur sont concédés par les mêmes bienfaiteurs.

Le saint ermite, le chef d'une troupe de moines, fondateur d'un monastère, n'eut sans doute pas la vision, nette du profit que ses lointains successeurs retireraient pour le temporel monastique de l'habitat choisi par lui. Le biographe de saint Valéry, qui écrit au XI^ siècle, fait valoir tous les avantages que présente le site où ce saint religieux établit le monastère qui porte son nom, d'une part le rivage de la mer, d'autre part la Somme poissonneuse, les rochers qui supportent les constructions monastiques, la campagne riche en moissons et en arbres fruitiers, les forêts qui lui forment une large ceinture •. Au temps où Valéry pénétra dans cette région déserte, il n'y aperçut ni champs, ni vergers, mais il fut séduit par l'aspect sauvage du pays et peut-être remarqua-t-il que les forêts, le fleuve, la mer et la falaise, en isolant les moines, leur promettaient aussi le nécessaire pour construire et pour s'alimenter.

Les descriptions des sites choisis par le fondateur, ({u'un biographe souvent de basse époque insère dans la vie du saint '', n'ont de valeur que pour l'époque où elles furent écrites. Le seul trait qu'on puisse retenir avec certitude c'est que les guides d'une colonie monastique sont attirés par un site sévère, peu accessible, perdu dans les forêts, enveloppé par les eaux. Encore, quand ils s'éloignent des villes et des lieux

1. Vita s.^Valarict, U : « Situs vero loci ipsius valde congruus. Nain uno ex latere viciiiitale maris est satis aiiiœuus, alio aulein ex lalere lorridus discurrii fiuvius pisciferae Somniinae, parsque ipsa super scopulos... erigitur, aularum vel aediuiii fabrica in excelsa aeris vestigia ..: nec minus illi regioni tertia quae ceteris praecellii glebis obtima atque frugifera et tani pomiferis quam et pulchcrriniis dcnsa undique magno ambitu circuincingitur silvis » [Script, rerum lueroc ., t. IV, p. 166;.

■>. Cf. la description du site de Solignac dans la Vda s. Eliijii d, 16, Script, rerum tneroc, t. iv, p. 082) écrite à l'époque carolingienne (Préf. de M. Kruscli, p. 650j, du site de Saitit-Gall dans la Vita s. Galli auctore Wettino (IX' s., 1, V.i, ibid., p. 2&4), du site de Manlieu dans la Vila .s. Uo/iiti (17, Mabii.i.ox, \cta sanct. 0. S. H., t. m, p. i, p. 83. La vie est dite ancienne : cf. Molixiek, Les source-i de l'hist. de France, n. -154; mais le style poétique et diffus marque une époque plus récente). La description du site de Jumiêges insérée dans la Fif île saint Philibert (s, éd. Poip.vrdix, ]). (i-7) a peut-être été empruntée par Ermentiire (IX' s.) à une vie i)lus ancienne (cf. Introd.. p. XI). sans doute celle qui fut composée par Cochin, abbé du monastère à la lin du \\l' ou au commencement du VIll* siècle (p. X); mais en tous cas elle ne témoigne que de létat des lieux au temps où elle fut écrite. La description du site de Saint-Sulpice près Bourges {Vita s. Sulj)icii, 14, Script, rerutn merov., t. iv, p. 380), écrite entre 647 et 671 (p. 368', (jui mérite toute confiance, marque peut-être la transformation du pays qui sest accom])lie grâce -au monastère. Voir aussi dans les Gesla abb Fontan. (6, Script., t. II, |). 273) l'état des environs de Saint- Wandrille au commencemeni

du IX' M.(-l.-.

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