‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 98 sur 570 · AVANTAGES NATURELS RECHERCHÉS PAR LES MOINES · texte numérisé non relu

AVANTAGES NATURELS RECHERCHÉS PAR LES MOINES

habités, ies moines ne se llxent-ils pas au hasard dans quelque endroit sauvage et stérile^. Ils s'établissent le plus souvent dans une vallée -, au bord d'une rivière poissonneuse qui fera tourner leurs meules, sur des terrains recouverts par la végétation forestière, mais susceptibles d'être en jiartie défrichés, transformés en terres arables, en pâturages. Les moines qui recherchent la solitude s'arrêtent en un coin du désert qui soit accueillant ^ et à qui leur industrie fera produire de quoi les vêtir, les nourrir, les loger.

A l'éiioque franque un double courant échelonne les fondations monastiques vers ces deux pôles opposés d'attraction, la ville et le désert. Nombreux sont les établissements dont les créateurs, sollicités par des intérêts et des influences contradictoires, ont cherché une solitude relative à une faible distance des villes. D'une part toutefois, il s'est i)roduit près des cités une concentration de l'armée monastique dont l'effectif va toujours croissant. Les monastères se serrent autour des églises mères. D'autre part, en vertu de ses origines et de son esprit premier, le monachisme répugne à des établissements citadins. L'attrait de la solitude, puissant au V^' siècle, affaibli au VI'', est réveillé par l'invasion des moines irlandais sur le continent. Aux VII^' et Ville siècles, des multitudes de religieux vont peupler les régions désertes.

Mais que l'un ou l'autre de ces pôles magnétiques les sollicite, quel que soit le point de l'horizon qui les attire, qu'ils se fixent en un lointain désert ou au cœur des cités, les moines y trouveront également la richesse. Dans les villes où ils vont comme au devant d'elle, celle-ci leur viendra sans travail et très vite. Dans les solitudes les moines qui la fuient la créeront peu à peu. Los monastères qui ne se sont point insérés dans un groupement

1. H Ile parMÎI pas (juc les foiidali-iirs aient t'Ic' séduils i)ar l'aspect pitl(ires(|iie d'uno région accidentée. Un site sauvage les attire unifiuenieni parce <iu'il leur promet une vie solitaire (voir jiour saint Martin, Si limce Skvkre, T'tta .v. .V<o'////i, l)liis haut. |). 81. n. 1 ; pour saint ryl)ar, Yila s. Kparchii. 0, Scrijil. rerinti incrur.. l. III, p. T)")") ; pour saint Lonier, uo.m Noël Mars, Jlisl. de .i. Lmiirr, p. i'p.">). Les (lescriiitions d'un site iiillnresque (Manlieu. cf. p. précéd., n. •.', et DoM Bksse, Les nioiues de V<nic. l'rfiitvc, \\. :ilO-l ; Saint-\'aler> , cf. p. précéil.) sont d'âge très postérieur.

•i. Saint Dié fonde un monastère dans la T'«?/(.v Gaf/'/cac (Mabillov. Ami. lietied., X^', '.I, I. I, p. ll'.i). A''oir la ilescription des sites de .Tumiéges, Saint- Wandrille. Saint-Sulpicf lir linurges.

a Le lieu on sarréle .saint Kiciunirns, i)res du Loir, est inculte et couvert de broussailles, >• sed aptus aliunde pro))ler coiivenienliam at()ue piscalionem ad stirpaudum et cellnlam inihi aedilicandani n{Viin .s. Rirlmi.. I. >L\iiillon', Aeta, 1. III. c. 1. p. ■-'•.'^1. La biogiapliie. d âge ixisléi-iciir. .i li ailleurs peu d'anloiàléj.

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