‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1176 sur 1207 · FORMATION DE CARTU LA1RES · texte numérisé non relu

FORMATION DE CARTU LA1RES

Guimann à Saint-Vaast copie semblablement les chartes et diplômes qu’il retrouve. De même, les chroniqueurs de Bèze, de Moyenmoutier, de Saint-Bénigne de Dijon, de Saint-Trond, de Flavigny, les auteurs des G esta des évêques à Toul, Verdun, Cambrai, Auxerre utilisent les pièces conservées dans Yarchivum qu’ils ont exploré.

Le souci d’éviter à l’avenir la perte totale des documents précieux, mais combien fragiles, qui constituent leurs titres de propriété, en a fait rassembler de bonne heure les copies dans les recueils dits Cartulaires. Le plus ancien spécimen connu, celui de Wissembourg, date du IXe siècle. L’usage de former ces collections méthodiques se répand à partir du siècle suivant et sera bientôt adopté partout L Le nombre considérable de Cartulaires compilés dès le XIe ou XIIe siècle dans les archives des églises cathédrales 2 et des monastères 3 suffit à témoigner de l’abondance des diplômes et chartes du IXe, Xe et XIe siècles qui y étaient alors conservés et maints recueils plus récents permettent la même constatation. Chaque Cartulaire est un témoin de l'état des archives d’une église au temps où il a été composé. Toutes les pièces conservées à cette date dans Yarmarium qui peuvent établir les droits de cette église y ont été transcrites. A la différence des documents originaux dont il renferme la copie, le Cartulaire, pas plus que les Chroniques, Gesta, Actus, n’appartient plus aux archives ; c’est un livre et il prend place à la bibliothèque. C’est, semble-t-il, le cas du manuscrit du IXe siècle des « Traditiones Wizenburgenses ». Le Catalogue delà bibliothèque de Saint-Amand du XIIe siècle signale le « Liber privilegiorum ecclesiae sancti Amandi » qui n’est autre que le Cartulaire conservé 4.

x. Cf. t. III, L’ inventaire de la propriété, p. 81-2.

2. Au XIIe siècle, le chantre Warin trouve dans les archives de l’église de Châlons un bon nombre de diplômes du IXe siècle’ ( Cartul. Cliap. Châlons, publié par P. Pélicier). Le Livre noir du chapitre de Paris du XIIe siècle, les Cartulaires de Saint- Maurice d’Angers, de Saint-Vincent de Mâcon, le Cartulaire d’Hugues à Grenoble, celui de Saint-Maurice de Vienne, de Notre-Dame de Nîmes, sont riches en pièces d’âge antérieur que les archives de ces églises conservaient.

3. Cartul. S. Victor de Marseille, S. Sernin'de Toulouse, S. Jean d’Angély, S. Mar tin d’Ainay et Savigny au diocèse de Lyon, S. Julien de Brioude, Sauxillangts, Sainte-Foi de Conques, S.-Chafire, S. Bénigne et S. Étienne de Dijon, S. Marcel ce Châlon, Vézelay, Pancarte noire de S. Martin de Tours, Lixre noir de S. Florent de Saumur, Cartul. de Saint-Calais, S.-Maixent, S. Maur sur-Loire, S. Aubin et S. Serge d’Angers, N. Dame de Ronceray, la Trinité de Vendôme, Landévennec, S. Germaindes-Prés, S. Denis, Montiérender, Corbie, Marchiennes, S. Amand (formé en 1097 par l’« armarii custos » Gautier), Gorze, S. Vanne de Verdun, Stavelot. Sur ces Cartul., tous du XIIe siècle ou d’âge antérieur, voir Stein, Biblicgr. des Cartul.

q. éd. Desilve, art. 15 1, p. 166.

POLYPTYQUES

A côté des diplômes et chartes figurent dans les archives de l’église nombre de documents d’ordre administratif. On y trouve certainement les inventaires dressés à l’époque carolingienne, soit les brefs isolés concernant un ou plusieurs domaines, soit les plenaria de l’église. Les pulegia de l’église de Verdun ont été dévorés par l’incendie qui a détruit Notre- Dame avec ses archives 1. Les clercs faussaires du Mans se réfèrent aux brevaria et plenaria de leur église. C’est dans les archives de Saint-Père de Chartres que le moine Paul a trouvé les deux rotuli où étaient inventoriés les biens affectés à la inense des chanoines et à l’office de la sacristie 2. L’abbé de Saint-Trond, Raoul, a trouvé aussi en explorant l’archive de son monastère le bref de la descriptio faite en 870 3. C’est évidemment dans les archives locales, bien qu’ils ne le disent pas expressément, que l’auteur des Gestes des abbés de Fontenelle, que Folquin à Saint-Bertin, Hariulf à Saint-Riquier ont trouvé les inventaires qu’ils résument ou reproduisent en partie. Quand en 780, le représentant de l’église de Marseille produit l’inventaire d’une villa qu’il revendique, il n’est pas douteux qu'il ne l’ait trouvé dans les archives de l’église b

Ces documents étaient souvent consignés sur des rouleaux. Nous conservons encore quelques-uns des rotuli sur lesquels fut dressé à la fin du VIIIe siècle un inventaire des biens de l’église de Marseille. Le moine Paul a trouvé aussi à Saint- Père des brefs établis sur des rouleaux 5.

Parfois aussi, ils étaient écrits sur des feuillets réunis en cahiers, tels les cahiers du polyptyque d’Irminon. Cette disposition matérielle eût permis de leur donner place à côté des schedae et quaterniones non reliés et des volumina de la collection des livres. Aucun Catalogue de livres ne signale pourtant parmi eux de schedae ou de volumes renfermant la descriptio des biens. Comme les polyptyques, les simples notices de cens sont à leur place naturelle dans 1 ’archivum, mais souvent ces notices ont été écrites sur des pages restées blanches d’un manuscrit de la bibliothèque. Au reste, pièces d’archives et livres sont gardés souvent dans un même armarium.

Une autre série de documents a dû figurer dans les archives de ce temps, à savoir les règlements pris par les chefs des

1 . de Wassc'lxuirK, Antiquitez de la Gaule Belgique, f° CLXXXII.

j. I dits A gau., VIH, 2 3, Cart. S. Père, 48 ; ci. L’invent, delà propr., p. 21.

]. (testa abb. I rudon., I, 3, SS, X, 230 ; cf. L’invent, de la propr., p. 24, 11. 3. I. ( ait S. I ici or, 31, p. 43-6 ; cf. L'invent, de la propr., p. 19.

.3. / ■’ / 11 er ni . 1 le la propr., p. 3.

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