‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 207 sur 1207 · LA « CURSIVE AMÉLIORÉE » A SAINT-MARTIN · texte numérisé non relu

LA « CURSIVE AMÉLIORÉE » A SAINT-MARTIN

ditifs 1, afin de rendre au plus tôt ce précieux dépôt. Le fait montre que des relations existaient entre Saint-Martin et Corbie et il se peut que des manuscrits de Corbie plus récents aient fait, comme l’antique manuscrit de Tite Live, le voyage de Tours, y transportant quelques-uns des modèles d’écriture que pratiquaient les scribes de Corbie au temps de l’abbé Maurdramne.

Dans trois manuscrits où se retrouve la « cursive améliorée » qui caractérise, ce groupe 2, la main qui les a exécutés ressemble étroitement à celle de l’un des cahiers de la 3e Décade de Tite Live et c’est peut-être Frédégaudus, le scribe de ce cahier, qui a écrit aussi les trois manuscrits dans l’atelier de Saint- Martin. Deux autres 3 sont d’un style qui rappelle aussi celui du Tite Live du Vatican. L’Octateuque de Saint-Martin de Tours 4 paraît être contemporain. Il est d’exécution postérieure à celle de la Bible corbéienne de Maurdramne écrite entre 772 et 780 5, antérieure probablement à l’arrivée d’Alcuin à Tours et certainement dans tous les cas à la révision de la Bible faite par lui 6 ; or, comme la Bible de Maurdramne, il est écrit en une minuscule qui a déjà les caractères de l’écriture Caroline 7. Au commencement de chaque livre, quelques lignes sont exécutées en semi-onciale 8, conformément à une pratique qui sera désormais en usage à Saint-Martin. Quelques autres manuscrits présentent aussi le type de la « cursive améliorée » ; mais ou bien ils sont d’exécution tardive 9, ou sont sortis d’un atelier qui peut ne pas appartenir à la Touraine 10.

1. Cf. Rand, p. 97. Les huit scribes vivaient tous encore quelque 30 ans plus tard vers 820, quand fut dressée la liste insérée dans le livre des Confraternités.

2. B. Ec. méd. Montpellier H. 412 (Enchiridion de s. Augustin), Rand 11, p. 94 ; B. N. lat. 5726 (livres 6 à 10 de Tite-Live), Rand, 14, p. 95 ; 13.759 (recueil de pièces relatives à s. Martin), Rand, 15, p. 95-6. Ce « Martinellus » porte l’ex-libris de Corbie. Il s’agit sans doute d’un présent fait par les moines de S. Martin à ceux de Corbie en retour du prêt du ms. de Tite-Live.

3. B. N. lat. 1711 (s. Optât), Rand, 12, p. 94 ; B. Tours ms. 286 ( « de musica » de s. Augustin), Rand, 18, p. 99.

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