L’ŒUVRE D’ALCUIN
§ 4. — L’œuvre d’Alcuin
Alcuin a trouvé au travail à Saint-Martin des scribes expérimentés en l’art d’écrire, mais il semble bien que son action personnelle ait largement contribué à développer le scriptorium dont il eut comme abbé, de 796.'!. 802, la disposition et la direction.
Il a composé des vers destinés à être inscrits dans le local où travaillaient les scribes et qui renferment des préceptes sur l’art d’écrire x. Le scriptorium où fut placée cette inscription était sans doute celui de Saint-Martin. A supposer qu’Alcuin l’ait composée pour un autre, ces vers expriment évidemment les préceptes qu’à Saint-Martin il inculquait à ses disciples.
Il leur donnait des conseils et aussi des exemples. Maints manuscrits sont sortis de ses mains. Charlemagne aurait donné au monastère d’Aniane un exemplaire des Évangiles qu’Alcuin avait écrit de sa propre main 1 2. Sur une Bible, qui était sans doute aussi son ouvrage, Alcuin demandait au lecteur une prière à son intention 3. Un très grand nombre de pièces de vers composées par lui étaient destinées à servir de dédicaces à des manuscrits, en particulier à des Bibles et à des livres liturgiques que lui-même avait écrits 4 ou fait écrire 5. Tantôt, c’est Charlemagne qui est dit en avoir commandé l’exécution 6, d’autres ont été écrits à la demande d’Ada, sœur de l’empereur 7, de l’abbé de Saint-Vaast Radon 8, de l'évêque de Laon Gerfridus 9. Plusieurs manuscrits sont expressément dédiés par lui au roi10 et à divers prélats11. Ces œuvres d’Alcuin