Boulogne ms. 9, cf. Dehaisnes. I p
<( SCRIPTORIUM » DE SAINT-BERTIN AU IXe SIÈCLE
sur les Psaumes, plein des enseignements du Ciel, sait que saint Vaast compte lettres, lignes et points et lui remet autant de fautes, à lui et à ceux auxquels il appliquera les mérites de son travail h Saint Vaast est prié par Evrard de recevoir le « munus scriptoris » 1 2, à savoir le manuscrit du traité de saint Augustin sur la Trinité, que ce moine a transcrit.
Le scriptorium de Saint-Bertin tient, dès le IXe siècle, un rang honorable parmi les ateliers monastiques qui produisent des livres. Le moine Guntbertus, qui releva alors la librairie en ruine, accrut semblablement, grâce à son talent de scribe, le nombre des volumes qu’elle renfermait 3. Nous savons qu’il écrivit de sa main deux Antiphonaires, qu’il donna l’un à Saint-Omer, l’autre à Saint-Winoc. Il en exécuta un troisième très luxueux, qu’il offrit à Saint-Bertin. Il écrivit aussi un traité de comput, qu’il réserva à ses confrères ainsi qu’un grand nombre de livres que Lolquin renonce à énumérer 4.
Parmi les plus anciens manuscrits de Saint-Bertin qui subsistent, il en est qui, comme ceux qu’écrivit Guntbertus, furent exécutés certainement au scriptorium du monastère. Il n’est pas sûr que ce soit le cas d’un recueil d’ouvrages patristiques, écrit au IXe siècle, qui porte au Ier feuillet le nom de Régnolfus, prêtre et moine « licet exiguus », lequel a ajouté ce livre (istum addidit librum) à ce saint lieu, c’est-à-dire au monastère de Saint-Bertin 5. De même, le prêtre dévot Radolphus déclare avoir apporté (detuli) à saint Pierre et à saint Bertin un manuscrit de l’Enchiridion de saint Augustin, qu’il interdit d’enlever jamais au monastère 6. Les expressions « addidit », « attulit » peuvent s’entendre d’un apport fait du dehors par ces donateurs à la collection de livres 7. Au contraire, le sous-diacre Léodhardus a écrit le livre des Rétractations de saint Augustin. Il a fait ce travail sur l’ordre de 1 abbé Nantharius (804-820) et il prie ceux qui liront son œu-