‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 358 sur 1207 · CÉLÉBRITÉ DE L’ATELIER DE SAINT-AMAND · texte numérisé non relu

CÉLÉBRITÉ DE L’ATELIER DE SAINT-AMAND

Otoltus et apparenté lui aussi à d’autres manuscrits de l'Apocalypse figurée, a été exécuté à Saint-Amand 1.

Vraisemblablement, l’atelier de Saint-Amand jouissait dans la seconde moitié du IXe siècle d’une réputation qui attirait vers lui l’attention de maintes églises ; elles sollicitaient les artistes du monastère de travailler pour elles ou elles cherchaient à se procurer à Saint-Amand quelque beau livre déjà exécuté. L’atelier produisait des Sacramentaires illustrés dans le style qui prévalait dans la région et les adaptait au besoin à l’usage de l’église quémandeuse ; il exécutait en quelque sorte en série des manuscrits illustrés de Prudence, peut-être de l’Apocalypse. Saint-Amand, dans la seconde moitié du IXe siècle, comme Saint-Martin dans la première, quoique à un rythme moins rapide et moins régulier était une fabrique de livres de luxe, travaillant pour d’autres églises.

Du scriptorium de Saint-Amand, sont sorties aussi les nombreuses productions littéraires des maîtres de la célèbre école d’Elnone. C’est là évidemment qu’ont été « dictés » les ouvrages de Milon et d’Hucbald 2. Des copies, sans doute particulièrement soignées, de leurs ouvrages étaient présentées par eux à Charles le Chauve. Hucbald a écrit en vers la dédicace du De sobrietate faite par lui à ce prince, parce que la mort n’avait pas permis à Milon « poeta tuus, noster didascalus » de lui présenter le libellas écrit en son honneur 3. Le poème sur la calvitie a été offert au même roi 4. Au scriptorium de Saint-Amand a été aussi rédigé le polyptyque du IXe siècle dont il ne nous reste qu'un débris 5.

Quelques scribes du monastère n’ont pas dédaigné, dès ce temps, d’écrire dans la langue populaire. A la suite d’un

1. B. Valenciennes, ms. 99. M. Omont a montré que les illustrations de ce ms. ont été copiées sur le même modèle que celles du ms. de la B. N. nouv. acq. lat. 1132 (cf. Lefrancq, p. 351). Les deux mss. sortent vraisemblablement du même scriptorium ; il n’est pas sûr que ce soit celui de S. Amand.

2. La vie de saint Amand en vers et le « de sobrietate » de Milon sont conservés dans les mss. de la B. de Valenciennes 414 et 415, qui sont du IXe siècle et par conséquent contemporains. Toutefois le Ier de ces mss. renferme en outre en tête le « de arte metrica » de Bède ; ni l’un ni l’autre ne sont des mss. autographes, mais des copies. Il en est nécessairement de même du ms. 502, qui renferme la même vie en vers et des poèmes porphyriaques de Milon et qui date du XIe siècle. Les mss. 501 et 502, qui conservent ses sermons, sont du XIIe ; le ms. du « de laude calvorum » d’Hucbald (ms. 298) est du XIe. Sur les mss. des autres ouvrages d’Hucbald voir Desilve p. 109 n. 2, ni n. 3, 112 n. 3.

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