SCRIPTORIUM » DE SAINT-EPVRE DE TOUL
Le monastère d’Hornbach possédait aussi un scriptorium où au Xe siècle, Eburnant, l’humble (vilis) moine, exécuta un Sacramentaire pou ■ l'offrir à l'abbé Adalbert, qui en lit hommage à saint Pirminius, patron du monastère h
L’église de Toul et le monastère Saint-Epvre ont été vraisemblablement pourvus d’un scriptorium, 1 2. Les lettres de l’évêque Frothaire ont du être écrites dans le scriptorium de son église. C’est à Toul qu’ont été rédigés les Gestes des évêques de cette cité, mais pas avant les premières années du XIIe siècle 3.
La riche bibliothèque que Saint-Epvre possédait, au temps de l’abbé Guy (1071-83), doit certainement des livres au scriptorium du monastère. La preuve en est fournie par un manuscrit de Paul Chose, orné de dessins à la plume, sur un folio duquel a été écrit le catalogue des livres que possédait Y armarium de Saint-Epvre, au temps de Guy 4. Le manuscrit peut être identifié avec l’ouvrage d’Orose « De cladibus mundi », que signale le catalogue 5. En tête de l’œuvre du prêtre espagnol, le scribe a inséré une préface, qui fait honneur à Orose d’avoir introduit en Occident les reliques de saint Étienne. Comme ce saint est le patron de la cathédrale de Toul, la mention qui est faite de ses reliques paraît bien indiquer que cette préface a été composée à Toul et que le manuscrit d’Orose sort du scriptorium du monastère, à la bibliothèque duquel il appartenait 6. Le catalogue signale
1. B. du chapitre de Soleure. Les dédicaces en vers sont inscrites au bas des miniatures qui représentent successivement l’offrande faite du livre au « pastor » Adalbert par Eburnant, « tibi toto corde fidelis
Semper ubique tui promptissimus assecla voti,
Scriptor, domne, tibi presens queni porrigo libri », puis par l’abbé à saint Pirminius, par celui-ci à saint Pierre et par saint Pierre au Christ (vers publiés par Düminler, N. Archiv., X, 344-5 et Delisle,/4»c. Sacrant., LVII, p. 191).
2. Le seul ms. qui subsiste des lettres de Frothaire (B. N. lat. 13090), provenant du fonds de S. Germain, est de la fin du IXe siècle (cf. Hampe, Epist. karol. aevi, III, 276) et nous ignorons où il a été exécuté. Duchesne les avait publiées d’après un ms. chartrain qui est sans doute perdu.
3. Waitz, SS, VIII, 631. L’éditeur a fait usage d’un ms. du XIIe siècle provenant de- S. Mansuy de Toul, conservé alors dans une bibliothèque particulière.
4. B. Munich, lat. 10292, f° 143 ; cf. Fawtier, La B. de S. Evre, dans Mém. Soc. archéol. Ion., 1911, p. 123.
5. Op. cil., p. 138. A la vérité, après le catalogue, le scribe a copié deux rédactions du Chronicon d’Isidore (p. 126), que ne signale pas le catalogue. Le rédacteur 11 a sans doute fait mention que de l’œuvre principale qui occupe dans le ms. 142 feuillets sur 167.