‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 505 sur 1207 · B. Arras, ms. 530, XIe s · texte numérisé non relu

B. Arras, ms. 530, XIe s

« Grarnmata quot, sulci quot sunt, quot denique puncti,

Inquit, in hoc libre, tôt crimina jam tibi dono ;

Nec labor iste tibi frater jam proderit uni,

Sed cuicumque relis, detur pars magna laboris »

(1 Calai . B. Départ., IV, p.210-1). Cf. Cassiodore, Deinstit. div. litter. 30: « Tôt enim ruinera Satanas accipit quot antiquarius Dornini rerba dcscribit » (Migne, LXX, 1145).

7. « Codicis illius, quot sunt in corpore sancto Depictae formis Jitterulae rariis,

Mercedes habcat Christo donantc per aerum Tôt Carolus rex, qui scribere jussit eum »

(cité par Wattenbach, Das Schriflwesen, 433).

LABEUR PÉNIBLE DES SCRiBES

finale d’un manuscrit du Xe siècle : « omnis labor finem habet, praemium ejus non habet finem » 1. Celui qui sait écrire, observe un scribe du même temps, y trouve soulagement de la vie présente « solator vitae » et s’assure les joies de l’éternelle vie (vitae sibi gaudia quaerit) 2.

En marque du caractère religieux de leur labeur, les scribes irlandais avaient coutume d’inscrire, au début du manuscrit, une invocation au Seigneur 3. De même, ils commençaient le travail de chaque journée en inscrivant en marge du manuscrit une prière 4. Tel était aussi l’usage des scribes anglosaxons 5, qui ne paraît pas avoir été suivi par les scribes du continent. Mais, à défaut même de ces gestes pieux, le travail qui s’opère dans les scrifttoria ecclésiastiques et monastiques garde bien un sens religieux et sera récompensé par les joies célestes.

L’exercice de l’art d’écrire est méritoire, non seulement par son objet tenu pour œuvre pie, mais parce que ce labeur est considéré comme rude et difficile 6. C’est au prix de beaucoup de fatigue et de sueur 7 qu’un livre est exécuté. En écrivant, le moine se donne à lui-même et longtemps la discipline 8. Une série de lieux communs sont familiers aux copistes de ce temps, comme déjà à ceux de l’époque mérovingienne. « L’art des scribes est ardu plus que tous les autres ».

1. -Ms. perdu de la B. de Beauvais, Catal. de 1750, n° 59 (Omont, Recherches sm Ix B . de Beauvais clans Mém. de V Institut, XL, 1916, p. 67).

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