ASSEMBLAGE OMIS OU DIFFÉRÉ
parfois d’un ouvrage « in quaternionibus », que celui-ci représente un ou plusieurs volumes. Il entend sans doute signaler que la collection des cahiers est complète et permettrait l’assemblage en volume L Il faut, sans doute/accuser dans bien des cas la négligence du chef d’atelier ; mais, c’est peut-être aussi à dessein que les cahiers d’un ouvrage n’ont pas été rassemblés. Ils pourront être ainsi distribués plus facilement entre plusieurs mains, soit pour les études à la scola 1 2, soit en vue de la reproduction du texte par une équipe de scribes 3.
haute de temps, on expédie et met en circulation un ouvrage en feuillets ou en quaterniones non assemblés encore, mais avec l’mtention de leur procurer ensuite la protection d’une reliure. Raban Maur avait adressé à Heistulf, archevêque de Mayence, plusieurs homélies en feuillets, faute d’avoir le temps de les éditer en un seul livre ; il le prie de réunir ces schedulae en un volume, dont il lui envoie la préface 4. Alcuin écrit à Leidrade évêque de Lyon, Néfridius évêque de Narbonne et à Benoît d’Aniane que soucieux de leur faire parvenir, au cours de leur voyage, l’ouvrage qu’il a composé contre Elipand, le temps lui a manqué pour le relire et le corriger ; il s’en remet à eux de ce soin. Il n’a pas eu davantage le loisir de rassembler en un « codex » les cahiers. Aussi, il prie ses correspondants de faire coudre, relier en volume les quaterniones qu’il leur envoie et d’en faire un seul corps (jubeatis ligare et invol vere et in modum unius corporis conponere), crainte que les cahiers ne se dispersent (ne forte sparsi rapte dispergantur), en passant par les mains des lecteurs (par manus legentium) et peut-être d’adversaires (vel forsitan invidentium nomini meo). Le tout doit être renfermé en un codex et si on veut le communiquer à quelqu’un, il en faudra prendre une copie et envoyer celle-ci seulement (scribatur et mittatur) 5. Le moine de Cluny, Syrus, n’avait pas encore terminé la vie de saint Maïeul, quand le moine Garnier, qui lui avait demandé de l’écrire, fut envoyé par Odilon en Alsace.
1. « Epigrammata Prcsperi vol. III in quaterniob. » (Becker, 15, art. 387-9) ; « Metrum de vita s. Gall[in quaternionibus vol. I » (390). De même, il est dit de quatre « quaterniones » d’Ovide, à S. Epvre, qu’ils forment un volume (Calai. S. Evre, loc. cit.).
2. Voir en particulier n. 4 de la p. précéd. les quaierniones de la bibliothèque purement scolaire de Notre-Dame de Paris.