‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 540 sur 1207 · PLUSIEURS OUVRAGES DANS UN VOLUME · texte numérisé non relu

PLUSIEURS OUVRAGES DANS UN VOLUME

Garnier emporta avec lui le travail laissé inachevé et dont les feuillets restaient séparés (per schedas dispersum) b

Un livre n’a été parfois relié que tardivement. Sur un manuscrit du Xe siècle de Saint-Martial de Limoges, renfermant le « De vita contemplativa », a été apposée une note, qui marque qu’en 1255 1 ’armarius, Bernard Itier l’a fait relier 1 2. Peut-être d’ailleurs s’agit-il d’un renouvellement de reliure.

Par économie sans doute, ou parce que chaque manuscrit ne compte qu’un petit nombre de feuillets on en réunissait plusieurs et parfois d’assez nombreux ouvrages, souvent de différents auteurs et traitant de matières très diverses, pour constituer un seul volume. Un très grand nombre de volumes conservés sont composés de plusieurs ouvrages parfois très disparates, d’âge et d’écriture fort différents. Les rédacteurs des catalogues prennent quelquefois le soin de noter chacun des ouvrages représentant sans doute autant de manuscrits exécutés à part qui ont été ensuite assemblés en un volume. Parfois aussi, ils n’en signalent qu’un seul, le premier ou le principal du recueil ou quelques-uns seulement 3. Vraisemblablement, la plupart de ces reliures qui assemblent quelquefois des manuscrits d’âge divers ont été faites ou refaites longtemps après l’exécution des manuscrits.

La couverture des livres était fabriquée le plus souvent en peaux. Un diplôme de Charlemagne de décembre 774 fait don d’une forêt, avec toutes les bêtes sauvages qu’elle renferme, aux moines de Saint-Denis, pour leur permettre de recou vrir de peaux les livres de ce saint lieu 4 ; le diplôme du 26 mars 800 accorde des droits de chasse aux moines de Saint- Bertin « ad volumina librorum tegenda » 5. Au XIe siècle, Hoel, comte de Cornouailles (f 1084), voyant sans couverture les livres de l’église de Quimper, lui attribua les peaux des cerfs tués dans son domaine de Quiberon 6. A Saint-Riquier, au IXe siècle, les « scutarii » établis dans le bourg avaient la charge de fournir les peaux nécessaires à la couverture des

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