‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 541 sur 1207 · RELIURE DES VOLUMES · texte numérisé non relu

RELIURE DES VOLUMES

volumes ; ils devaient aussi confectionner les livres, coudre les feuillets et cahiers h

Amalaire à Lyon a fait faire pour l’un de ses manuscrits un revêtement de luxe et a fait orner le volume de bandelettes de soie 1 2. Des reliures très riches étaient données à des livres particulièrement précieux, notamment aux Bibles, Évangiles et livres liturgiques. Ce travail relève de l’art des orfèvres et des sculpteurs d’ivoire et il est exécuté dans leurs ateliers et non au scriptorium. Les plats de reliure peuvent être faits de tablettes d’ivoire ou de plaques de métal précieux, comme aussi de simples planches de bois (assert s) 3.

A Saint-Riquier et peut-être dans d’autres monastères, les cahiers sont cousus et les livres reliés par les hommes des moines et hors du cloître. Plus souvent sans doute, la reliure était exécutée là même où les livres étaient écrits et par le même personnel religieux. Elle fut quelquefois l’oeuvre de celui-là même qui avait eu la charge de tout le travail précédent. Godéran a pris soin de signaler que non seulement il a écrit et enluminé la Bible de Stavelot, mais que la « ligatura » est aussi de lui » 4. Plus souvent sans doute, le travail est fait par d’autres mains que celles du copiste, soit au scriptorium, soit à la bibliothèque, tout de suite, si le manuscrit est important, plus tard si en raison du petit nombre de cahiers qu’il comporte il doit être associé à d’autres par le relieur. Celuici est le plus souvent anonyme. Il s’est fait connaître quelquefois. Un manuscrit en onciales du VIIe ou VIIIe siècle et qui appartenait à l’église de Cologne au temps de l’archevêque, Heldibaldus (f 819), porte en finale une inscription qui signale que Sigibertus a relié le volume5.

§ 7. La durée d’exécution

La mise au net, dans le scriptorium, d’un ouvrage que l’auteur a écrit sur ses tablettes, était faite, sans doute parfois

1. « Vicus scutariorum omnia voluminum indumenta tribuit, conficit, consuit » (éd. F. Lot, p. 307). Il est dit plus loin que le « vicus militum » fournit les boucliers (scuta) et autres équipements militaires. Une faute de transcription aurait-elle substitué les scutarii aux coriarii à qui le soin de coudre les peaux reviendrait naturellement ? Les boucliers étant revê.tus de cuir, il se peut aussi que le sein de recoucrir les livres ait été assigné aux fabricants de « scuta ».

2. Plus haut, p. 110. Il faut peut-être entendre que les cahiers ont été cousus avec des cordelettes en soie.

3. Plus haut, p. b et suiv. Un Calendrier dë S. Gall signale un Passionnaire en cahiers « sine asseri bus » (Lehmann, Mittelaltërl. B.Katal , I, 21, p. 92).

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