‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 597 sur 1207 · DIVERSES SORTES DE CORRECTIONS · texte numérisé non relu

DIVERSES SORTES DE CORRECTIONS

§ 2. — En quoi consiste la révision

Reviser un manuscrit consiste soit à en relire simplement le texte (legere, relegere, recognoscere, requirere), soit à faire collation de la copie avec l’exemplaire qu’a reproduit le copiste (conferre, contralegere, conferre ad exemplar), soit enfin à confronter le texte avec un exemplaire autre que celui qui a été transcrit et réputé meilleur (ad emendatiorem relegere... codicem) h Dans ces trois cas, la révision est faite plume en main ; la correction (emendare) accompagne ou suit la lecture. Les deux opérations sont tenues pour inséparables (relectas et prout potui emendatas — conférant et emendent.. ad exemplar — ut conferrent diligentius et emendarent). Un même manuscrit portera indifféremment tantôt contnli et tantôt emendavi.

La tâche la plus facile du reviseur consiste à s’assurer de la fidélité de la transcription. On a vu qu’un auteur invite parfois ceux qui reproduiront son oeuvre à collationner avec soin leur copie avec le modèle. Il faut d’abord prendre garde que ne s’ajoutent des fautes nouvelles à celles que peut contenir celui-ci 1 2. Mais cette forme de correction ne peut être pratiquée que pour un travail qui vient d’être exécuté et dont le modèle reste à la portée du correcteur. La révision a un domaine plus large et s’applique même à des manuscrits déjà anciens et dont le modèle souvent a disparu. Au reste, un lecteur zélé poursuit 1’ « emendatio » du texte d’un manuscrit dont le modèle subsiste, même si la copie est exactement conforme à l’« exemplar ».

Très souvent — et la tâche est alors bien plus délicate — la révision prend la forme d’une lecture faite par le correcteur, sans qu’il ait sous les yeux aucun autre manuscrit, ni celui qui a servi de modèle, ni aucun autre; il y est procédé «sine exemplari»3.

Les corrections qu’entraîne cette lecture sont de plusieurs ordres. L’« emendatio » du texte peut comporter la ponctuation. En général, assez peu soignée par les scribes 4, elle doit être complétée par le correcteur. Souvent même introduite par lui, elle sera son œuvre exclusive. Alcuin se plaignait de la rusticité des scribes tourangeaux en matière de ponctua-

1. Voir les additions faites par Lindsay au "« Sehriftweseil » de Wattcu, . ( h. dans les Collectanea varia, Palaeogr. lat., II, p. io.

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